Date du rapport

Contact avec l'extérieur

Toutes les personnes détenues disposent d’un droit de visite

non

Les détenus politiques ainsi que les détenus placés dans les prisons de type « F » peuvent se voir retirer leur droit d’avoir des visites

Personnes autorisées à la visite

  • les membres de la famille
  • les proches

Le nombre maximum de visiteurs par visite diffère d’une prison à l’autre. La direction de la prison de Sakarya réduit, en 2017, ce nombre de dix à cinq. Il est, à la prison de Kocaeli Kandira, de huit personnes par visite, enfants compris. Les prisonniers politiques recevant des visites de leurs proches doivent se soumettre à la présence d’un surveillant pénitentiaire.
La suppression du droit de visites est utilisée comme punition par les autorités pénitentiaires. L’administration annule parfois les visites sans hygiaphone, à la prison d’Uşak, sans prévenir les prisonniers ou leurs visiteurs. Des visites sont annulées lors du Ramadan. Les familles peuvent être séparées par une table, empêchant les prisonniers de prendre leurs proches dans leurs bras.

Les visites s'effectuent sans dispositif de séparation

non

Deux types de visites sont possibles :

  • des visites sans dispositif de séparation. Des parloirs sans séparation sont accessibles, selon la loi, une fois par mois. Leur durée varie, dans les faits, d’une prison à l’autre. Les prisonniers de Nazilli ont le droit à des visites hebdomadaires de 45 minutes. Elles durent 30 minutes à la prison de Duzce et 20 minutes dans d’autres établissements, comme à la prison de Silivri. A la prison de haute sécurité d’Edirne, les visites peuvent durer jusqu’à une heure. Les personnes détenues à la prison de Kocaeli Kandira ont droit à une visite mensuelle de 40 minutes.1
  • des visites dans un parloir hygiaphone. Une vitre sépare les personnes détenues de leurs visiteurs. Le parloir hygiaphone est, d’après la loi, une mesure disciplinaire. Les prisonniers communiquent avec leurs proches au moyen d’un téléphone. Ces visites sont possibles une fois par semaine. Des barreaux sont installés derrière la vitre de séparation à la prison d’Uşak. Ils empêchent les prisonniers de voir clairement les visages de leurs visiteurs. Les parloirs hygiaphone ont lieu trois fois par mois à la prison de Salihli. Ils ont une fréquence bimestrielle à la prison d’Osmaniye.

  1. Platform for Peace & Justice, “A comprehensive report on the prison conditions in Turkey - In Prison 2017”, p.9. Précisions : 

Les personnes détenues sont autorisées à recevoir la visite de leurs enfants ou de mineurs proches

oui

Les visites conjugales sont autorisées

oui

Les personnes LGBTI ne peuvent pas en bénéficier

Conditions requises pour bénéficier d'une visite conjugale

mariage

Les visites conjugales sont autorisées aux couples mariés, en cas de bonne conduite.

Les proches ne sont pas autorisés à apporter des livres. Les détenus ont uniquement accès à ceux disponibles dans la bibliothèque de l’établissement.

L’état d’urgence, déclaré depuis la tentative de coup d’Etat, durcit les politiques de maintien de liens familiaux. Les parloirs sans hygiaphone sont désormais, dans certaines prisons, autorisées seulement une fois tous les deux mois.

  • Des dizaines de femmes venues rendre visite à leurs maris emprisonnés sont, en janvier 2017, détenues à leur tour parfois avec leurs enfants.1


    1. Journalists and Writers Foundation, "Women’s rights under attack in Turkey", 2017, p. 53. 

L’échange de courrier est autorisé

oui, sous conditions

Les règles qui régissent la correspondance et leur fréquence varient d’une prison à l’autre. Dans la prison de Kocaeli Kandira, les détenus sont autorisés à correspondre autant qu’ils le souhaitent. La correspondance est interdite dans les prisons de Tekirdag et de Silivri.
Dans la prison de Kırklareli, les lettres et les fax ne sont pas transmis aux personnes détenues durant les premiers mois de leur détention. Ils peuvent, après cette période, recevoir et envoyer du courrier trois jours par semaine.
Le courrier en langue étrangère n’est généralement pas envoyé. Les agents habilités au traitement du courrier ne sont pas en mesure de le contrôler.

L’échange de courrier est soumis à un contrôle

oui

Les courriers entrants et sortants sont systématiquement lus par une commission avant d’être acheminés à leurs destinataires. Ecrits dans une langue étrangère, le temps de transmission de ces lettres est plus long. Ils ne sont parfois jamais remis à leurs destinataires.

Les personnes détenues sont autorisées à passer des appels vers l’extérieur

oui

Dans les prisons de Kocaeli Kandira et de Tekirdag, les prisonniers ont le droit d’appeler les membres de leurs familles deux fois par mois pendant dix minutes. Les destinataires sont limités au nombre de trois par détenu, préalablement validés par la direction de l’établissement.
Dans la prison de Silivri, les communications sont au nombre de deux par mois. Leur durée est limitée à huit minutes et l’appel ne peut concerner que des lignes nationales. Aucune exception n’est faite, même en cas d’urgence.

  • La directrice d’Amnesty International Turquie, Idil Eser, détenue à la prison de Silivri, n’a accès ni au téléphone, ni au courrier.1 Elle reçoit uniquement les messages transmis par son avocat.


    1. "A journey into the dark heart of Turkey’s prison system" dans Newsweek, décembre 2017 (en anglais). 

Les personnes détenues sont autorisées à appeler

toute personne

Les destinataires des appels téléphoniques doivent être agréés par la direction de l’établissement. La famille ou l’avocat doivent fournir une facture téléphonique. La procédure de validation dure entre une et deux semaines. Les numéros de téléphone étrangers doivent être validés par les consulats ou les ambassades. La validation prend parfois de six mois à un an.

Le coût des appels est conforme aux prix du marché

le coût des appels est à la charge des prisonniers.

Les appels téléphoniques font l’objet d’écoute

oui

Les conversations entre les prisonniers et leurs avocats sont, depuis le décret d’état d’urgence, écoutées et enregistrées dans certains établissements.

L’usage du téléphone portable est autorisé

non