Sécurité, ordre et discipline

Les fonctions de sécurité sont dévolues à

  • l’administration pénitentiaire
  • l’armée
  • la police ou la gendarmerie

Le parc pénitentiaire dispose d’établissements, de quartiers ou de cellules dotés de dispositifs sécuritaires renforcés

oui

La prison de type F, Silivri, dispose de moyens sécuritaires sophistiqués. Des surveillants observent les détenus depuis le haut des miradors.1Des détecteurs de métaux et des dispositifs de reconnaissance d’iris sont installés à l’entrée de l’établissement.
Le régime des prisons de haute sécurité de type F est celui de l’isolement.2. Les cellules sont agencées de façon à ce que la personne détenue n’ait jamais besoin d’en sortir. Elles incluent des latrines, un lit, une table et une chaise. Elles sont insonorisées et font rarement plus de trois mètre de long. Les prisonniers n’ont pas de contacts avec leurs codétenus. Ils n’ont d’accès ni aux livres, ni à la musique.
Les femmes ne pouvaient pas, avant la déclaration de l’état d’urgence, en juillet 2016, être placées dans des prisons de type F (prison de haute sécurité)3sauf en cas de peine à perpétuité aggravée.


  1. D’après le témoignage de Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International, décembre 2017. 

  2. Prison de type F, qu’est-ce que c’est?” dans Kedistan, mai 2017. 

  3. atform for Peace and Justice, “A comprehensive report on the prison conditions in Turkey - In Prison 2017”, p. 6. 

Les fouilles à nu et les fouilles de cellules sont jugées particulièrement humiliantes par les personnes détenues. La procédure et la fréquence varient d’un établissement à l’autre.

Les proches sont soumis, à leur entrée en prison, à un contrôle par

non

Les professionnels sont soumis, à leur entrée en prison, à un contrôle par

non

L'administration consigne les incidents

non

De nombreuses grèves de la faim sont recensées au cours de l’année. Quatre-vingt-cinq personnes sont, en avril 2017, en grève de la faim dans quatre prisons différentes.

  • Des Kurdes, condamnés pour être affiliés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), entament, en février 2017, une grève de la faim dans six prisons. Ils dénoncent les placements abusifs au régime d’isolement et les mauvais traitements auxquels ils sont soumis constamment. Ils exigent la libération d’Abdullah Ocalan, ancien dirigeant du PKK, détenu sur l’île d’İmralı. Amnesty International et le Comité pour la prévention de la torture (CPT) signalent à plusieurs reprises les tortures psychologiques auxquelles l’un des fondateurs du PKK est soumis.

    i
    10/2017
    / L'Humanité

Le placement à l'isolement est utilisé à des fins de

  • sanction
  • sécurité

Certains prisonniers d’opinion sont placés dans les prisons de très haute sécurité de type F. Ils sont, au même titre que les prisonniers de droit commun qui y séjournent, placés sous un régime d’isolement extrême et déshumanisant. Ils sont soumis à des fouilles de corps constantes. Les conversations avec les avocats sont placées sur écoute.

La durée du placement à l’isolement est limitée

non

Le recours à l’isolement est récurrent et abusif. Il serait surtout utilisé pour les prisonniers politiques

L’usage des “cellules éponges” (süngerli odala en turc) est répandu. Elles tirent leur nom du matelas en mousse jaune qu’entourent leurs murs. L’avocat Banu Guveren rapporte l’enfermement, pendant 30 jours, d’une de ses clientes dans une “cellule éponge”. Son matelas est gorgé d’eau, à son arrivée dans la cellule. Elle est privée de tout contact humain. Ces “cellules éponges” seraient considérées, avec les passages à tabac, comme une mesure disciplinaire supplémentaire.

L’accès à une cour extérieure est très limité.

L’accès au travail ou à la bibliothèque sont considérablement limités.

Le maintien de liens familiaux est considérablement limité.