Année
Contributeur(s)Observatoire ivoirien des droits de l'homme / Frédéric Le Marcis / Prison Insider

Vie quotidienne

Toutes les personnes détenues passent au moins une heure par jour en plein air

oui

Les prisonniers ont accès à la cour de promenade. Les heures d’ouverture diffèrent toutefois d’une prison à une autre.

L'administration pénitentiaire propose des activités aux personnes détenues

dans la plupart des établissements

Les détenus ont accès à plusieurs types d’activités (ludiques, de réinsertion…) qu’ils organisent le plus souvent eux-mêmes.

Des espaces sont dédiés aux activités physiques et sportives

oui

Des matchs de football peuvent être organisés dans la cour de la prison.

Les activités ludiques, permises par l’administration, sont organisées et animées par les détenus eux-mêmes.

Tout le monde peut avoir accès aux activités. Les heures diffèrent d’un établissement à un autre. L’heure d’ouverture des cellules le matin s’appelle le “décalage”. Il a lieu vers 9h du matin, sauf le lundi car les gardiens doivent faire une ronde de sécurité après le week-end. Les prisonniers chargés des corvées quittent leurs cellules avant le décalage pour assurer leur mission. Tous les prisonniers retournent dans leur cellule à 16h. Les “requins” sont des personnes détenues chargées d’aller chercher dans la cour les personnes manquant à l’appel.

Le travail est obligatoire

oui

Évolution du nombre de personnes détenues exerçant un travail

oui

Le travail en prison est possible mais pas obligatoire. Le refus de travailler n’est pas réprimé.

Les prisonniers travaillent à titre bénévole pour l’administration pénitentiaire, à l’intérieur ou à l’extérieur de la prison (aux alentours de la prison comme au camp pénal de Bouaké). Certains travaillent à l’infirmerie, à la cuisine, au garage, et d’autres font de la culture maraichère.

L’administration pénitentiaire organise la répartition du travail.

Les personnes détenues ne bénéficient pas d’un contrat de travail.

Un nombre maximal d'heures de travail quotidiennes/hebdomadaires est fixé, avec un jour de repos au moins

non

Le droit du travail ne s’applique pas en prison.

Les personnes détenues perçoivent un salaire pour le travail qu’elles effectuent

non

Les personnes détenues ont le droit de se syndiquer

non

Toutes les personnes détenues ont accès à l'enseignement

non

La législation prévoit l’accès à l’enseignement pour toutes les personnes détenues.

Ce droit n’est pas respecté dans la pratique.

L’administration met en place des mesures de lutte contre l’illettrisme

non

Il n’existe pas de véritable politique d’alphabétisation dans les prisons pour adultes.

Les personnes détenues sont autorisées à passer des diplômes ou des concours

oui

Les détenus ont, en théorie, le droit de suivre des formations et passer des concours.

  • Un détenu a obtenu l’autorisation, en 2017, de quitter la prison pour passer l’examen BEPC, le premier niveau de l’enseignement secondaire. Il s’agit cependant d’un cas isolé.

Des formations professionnelles sont dispensées

oui

Des formations en couture, menuiserie, mécanique, agriculture sont souvent dispensées dans les établissements pénitentiaires.

Toutes les personnes détenues ont accès à une formation professionnelle

non

Un bâtiment est dédié aux activités de réinsertion : menuiserie, boulangerie, mécanique et couture.

Les personnes détenues aux compétences requises ne peuvent pas dispenser des formations aux autres personnes détenues.

Les personnes détenues ont accès à la télévision

oui

Les frais pour accéder à un poste de télévision sont à la charge des personnes détenues.

Les personnes détenues ont accès à la presse

oui

L’administration pénitentiaire autorise l'accès à Internet

non

Internet n’est pas disponible en prison.

Les religions musulmane et chrétienne sont les plus représentées en prison.

Les personnes détenues peuvent pratiquer librement leur religion et suivre leur philosophie

oui

Des lieux sont dédiés à l’exercice du culte

dans la plupart des établissements

Il existe des lieux de prière dédiés aux musulmans et aux chrétiens.

Des aumôniers sont présents

oui

L'administration rémunère les aumôniers

non

Des personnes ou des organisations extérieures sont autorisées à intervenir

oui

Les principaux organismes habilités à entrer en prisons sont les suivants :

Les organismes internationaux tels que :

  • L’Union européenne
  • Le Fond européen pour le développement (FED)
  • L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime
  • L’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (qui prend fin le 30 juin 2017)
  • L’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID)
  • La coopération française
  • La coopération allemande
  • Expertise France

Les ONG impliquées dans la question carcérale telles que :

  • La Ligue ivoirienne des droits de l’homme
  • Le Mouvement ivoirien des droits humains
  • L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme et l’ACAT (Association des chrétiens pour l’abolition de la torture) travaillent principalement sur les conditions de détention avant procès et sur le contrôle des lieux de détention
  • La N’gboadô organise des activités de restauration de certains édifices ou des concerts à l’intérieur des prisons.

Les ONG impliquées dans l’assistance humanitaire telles que :

  • Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) réalise des visites régulières. Il distribue des produits d’entretien et des produits agricoles, dirige un programme nutritionnel et réhabilite des infrastructures.
  • Médecins sans frontières et le Secours catholique assurent des consultations médicales à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).
  • Prisonniers sans Frontières (PrSF) soutient la production agricole, réhabilite des bâtiments et aide à réduire la détention préventive.
  • Le Bureau international catholique de l’enfance (BICE) construit des quartiers pour mineurs dans certaines maisons d’arrêt.

Les maisons d’arrêt ne sont pas toutes également soutenues par ces organismes. La MACA concentre la majorité de l’attention.

Les personnes détenues sont autorisées à disposer de ressources financières

oui

Les ressources financières sont accessibles

en espèce

La plupart des personnes détenues sont indigentes. Il n’est pas courant que l’argent en espèces circule en détention. Certaines personnes détenues disposent de ressources financières qui proviennent de leurs proches. Cet argent est conservé dans des pécules par l’administration pénitentiaire qui le remet aux prisonniers à chaque fois qu’ils en expriment le besoin.

Les personnes détenues indigentes perçoivent une aide, financière ou en nature

oui

Les personnes détenues peuvent percevoir des aides sur le plan matériel par les communautés religieuses.

Les personnes détenues disposent du droit d'association

non

Les détenus disposent du droit de vote

non