Année

Vie quotidienne

Toutes les personnes détenues passent au moins une heure par jour en plein air

oui

La loi norvégienne dispose que “les personnes détenues doivent, dans la mesure du possible, passer du temps en plein air quotidiennement” (loi sur l’application des peines, section 22).

L'administration pénitentiaire propose des activités aux personnes détenues

oui

Le Service pénitentiaire impose aux personnes détenues des activités en journée : travail, formations, programmes ou autres. Les prévenus ne sont pas tenus de prendre part à ces activités (loi sur l’application des peines, section 49).

Des espaces sont dédiés aux activités physiques et sportives

oui

Les activités sportives les plus fréquemment proposées sont le football, le ping-pong, le volley-ball, le cyclisme et la course de fond (en groupe).

Des espaces sont dédiés aux activités culturelles

oui

Les activités culturelles les plus fréquemment proposées sont des cours de musique, des concerts, des projections de films et du théâtre.

Les personnes détenues sont associées au choix des activités proposées. Elles peuvent, à leur admission, signaler les activités qui les intéressent. Elles peuvent en proposer de nouvelles.

Une liste des activités proposées circule au sein de l’établissement. Chaque personne détenue s’inscrit aux activités de son choix.

Les établissements disposent d'une bibliothèque

quelques uns

Les grands établissements disposent d’une bibliothèque. Les personnes détenues dans les petits ont accès à la bibliothèque publique locale.

Les accès au travail, à l’enseignement et à la santé font partie du modèle d’importation. Celui-ci combine peine et prise en charge sociale1.

Les services pénitentiaires norvégiens mesurent le niveau d’activité des personnes détenues. Cette mesure enregistre, toutes catégories confondues, la participation à des activités d’enseignement, de travail et à des programmes. 82 % de l’ensemble des prisonniers sont inscrits, en 2018, à des activités. L’offre d’activités et de travail reste cependant insuffisante.


  1. Pour Thomas Ugelvik, “la prison est perçue comme une partie intégrante de l’État-providence norvégien” (Ugelvik, 2016).
    Se référer à l’introduction

Le travail est obligatoire

non

Les prisonniers ont un devoir d’activité. Ils sont tenus de suivre une formation, participer à un programme d’activités ou effectuer un travail. La personne détenue peut, en cas de refus, être soumise à un régime de détention plus strict ou perdre les aides financières auxquelles elle a droit. L’offre de travail est cependant insuffisante.

Toutes les personnes détenues sont autorisées à travailler

oui

Les détenus peuvent être privés de leur emploi pour sanctionner un mauvais comportement.

Le travail à caractère punitif est interdit

oui

Les prisonniers font part de leur souhait de travailler à l’administration. Celle-ci doit proposer un emploi à chacun. Cette offre représente un défi particulier dans les établissements anciens, dépourvus d’espaces adéquats.

L’administration pénitentiaire organise la répartition du travail. Les personnes détenues peuvent demander leur transfert dans un établissement proposant un travail plus intéressant.

Les détenus ne bénéficient pas, en principe, d’un contrat de travail. Ils en ont un, en établissement ouvert, quand ils travaillent à l’extérieur.

Un nombre maximal d'heures de travail quotidiennes/hebdomadaires est fixé, avec un jour de repos au moins

oui

La journée de travail commence généralement à 8h et se termine à 15h. Elle est scindée en deux par une pause déjeuner et peut durer huit heures. Les prisonniers bénéficient de deux jours de repos hebdomadaires.

Les personnes détenues perçoivent un salaire pour le travail qu’elles effectuent

oui

Les salaires sont

largement en dessous à ceux pratiqués à l’extérieur

Le salaire moyen journalier est de 65 NOK (7 euros). Ce montant est inférieur au taux horaire pratiqué à l’extérieur.

Certains travaux sont rémunérés à la pièce

non

Les rémunérations sont soumises aux cotisations sociales

non

Les normes de santé et de sécurité applicables à l'extérieur sont respectées

oui

Les personnes détenues ont le droit de se syndiquer

oui

Autorité(s) responsable(s) de l’enseignement et/ou de la formation professionnelle

le département (Fylkeskommune)

Le département est responsable, en prison comme à l’extérieur, de l’enseignement primaire, secondaire et de la formation professionnelle (Loi sur l’éducation, section 13-2a).

Les cours sont assurés par des enseignants des établissements secondaires supérieurs.

L'enseignement est dispensé

dans tous les établissements

Les prisons proposent un large choix de cours et de formations de différents niveaux. Ces cours sont conformes au parcours de scolarité norvégien.

Toutes les personnes détenues ont accès à l'enseignement

oui

L’administration met en place des mesures de lutte contre l’illettrisme

oui

Les personnes détenues sont autorisées à passer des diplômes ou des concours

oui

Des formations professionnelles sont dispensées

oui

Toutes les personnes détenues ont accès à une formation professionnelle

oui

Des formations à distance sont proposées

oui

Les personnes détenues ont accès à des ordinateurs

dans quelques établissements

Les salles de cours de certains établissements sont équipées d’ordinateurs. L’accès à l’Internet est limité.

La plupart des établissements interdit l’usage d’ordinateurs en cellule. Certains établissements ouverts et certaines maisons de transition autorisent les détenus à posséder un ordinateur et un téléphone avec accès à l’Internet. L’usage peut être surveillé à tout moment.

Les personnes détenues aux compétences requises peuvent être autorisées à dispenser des formations aux autres. Certains critères sont déterminants : relations entre les détenus, profils, appartenance éventuelle à un gang. Ce dispositif est plus fréquent en établissement ouvert.

Les personnes détenues peuvent se tenir régulièrement informées des affaires publiques

oui

Des restrictions peuvent s’appliquer.

Les personnes détenues ont accès à la télévision

oui

Les personnes détenues disposent parfois d’une télévision en cellule. Les espaces collectifs sont généralement équipés d’un poste.

Les personnes détenues ont accès à la radio

oui

La plupart des prisonniers ont une radio en cellule.

Les personnes détenues ont accès à la presse

oui

Les prisonniers ont accès à la presse à la bibliothèque ou dans une salle dédiée.

L’administration pénitentiaire autorise l'accès à Internet

dans certains établissements

Les prisonniers peuvent utiliser l’Internet pour des motifs pédagogiques (recherches pour un cours ou recherche d’information) ou pour communiquer par Skype avec leurs proches1.

L’administration pénitentiaire censure les contenus pornographiques.

Les religions les plus représentées en prison sont le catholicisme, le protestantisme et l’islam.

Les personnes détenues peuvent pratiquer librement leur religion et suivre leur philosophie

oui

La prière collective n’est pas autorisée aux détenus musulmans. Ils peuvent prier individuellement en cellule. Cette mesure est prise après que certains prisonniers musulmans se sont plaints de pressions exercées par d’autres pour qu’ils se joignent aux prières collectives.

Des lieux sont dédiés à l’exercice du culte

dans tous les établissements

Certains établissements disposent d’une salle spécialement conçue. En son absence, un espace est aménagé à cet effet.

Des aumôniers sont présents

oui

Ces aumôniers sont, pour l’essentiel, des prêtres de l’Église de Norvège et des imams.

L'administration rémunère les aumôniers

non

Leur rémunération est prise en charge par leur communauté.

L’administration pénitentiaire met en place une politique de prévention de la radicalisation. Il s’agit d’un programme de mentorat. Les prisonniers présentant un risque de radicalisation sont accompagnés individuellement par un surveillant.

Des personnes ou des organisations extérieures sont autorisées à intervenir

oui

Les autorisations d'intervention sont délivrées par

le chef d’établissement

Les principaux organismes habilités à entrer en prison sont :

  • la Croix-Rouge norvégienne
  • des associations d’anciens condamnés ou d’anciens toxicomanes, par exemple Wayback (réinsertion sociale)
  • des associations d’aide juridique, comme Jurk (conseils juridiques aux femmes) et Jussbuss.
  • des associations de soutien aux familles de détenus, comme For Fangers Paørende (FFP).

Des équipes de footballextérieures sont également conviées à participer à des activités sportives.

Les intervenants extérieurs ne perçoivent pas de rémunération de l’État.

Les personnes détenues sont autorisées à disposer de ressources financières

oui

Les ressources financières sont accessibles

  • en espèces
  • sur un compte nominatif

Les modalités d’accès aux ressources financières varient selon les établissements. Certains d’entre eux, habituellement ouverts, autorisent un accès limité à l’argent liquide pour procéder à des achats extérieurs.

Les personnes détenues indigentes perçoivent une aide, financière ou en nature

oui

Les personnes détenues dans l’incapacité de pratiquer une activité ou de travailler (le travail est rémunéré) perçoivent une aide financière de l’administration.

Les personnes détenues sont autorisées à discuter de leurs conditions de détention avec les autorités pénitentiaires

varie selon le régime de détention

Les personnes détenues disposent du droit d'association

varie selon le régime de détention

Les détenus disposent du droit de vote

oui

Le vote est organisé par les autorités extérieures commpétentes. Celles-ci prennent en charge l’ensemble des dispositions propres à assurer l’exercice du droit de vote.

Les personnes détenues peuvent être associées à l’animation d’une émission de radio ou à l’édition d’une publication. Une émission radiophonique, Røver Radio (“radio voleur”), est animée par des prisonniers de la prison d’Oslo. Elle est diffusée nationalement tous les dimanches à l’attention de l’ensemble de la population.