Date du rapport
SourcesBénédicte Brunet-La Ruche/Prison Insider

Introduction

Les prisonniers béninois sont confrontés à la surpopulation, au manque d’accès à l’eau et à la nourriture et au manque de personnel formé.

L’ancien président Yayi Boni affirme, en 2011, sa volonté d’engager des politiques en faveur de la réduction de la surpopulation carcérale et de l’humanisation des conditions de détention. Sa première mesure est d’engager la construction de dix prisons. L’accroissement du recours aux mesures alternatives à l’emprisonnement est envisagé mais pas mis en œuvre. La dérive autoritaire du président finit par toucher le secteur de la justice et la politique réformiste en matière pénale et pénitentiaire.

Le taux d’occupation des prisons s’élève, en juillet 2016, à 204 %. Les cellules collectives sont surpeuplées et le lieu de couchage fait l’objet de règles strictes entre les prisonniers. L’espace alloué à chacun dépend de son ancienneté. La majorité des prisonniers dorment par terre, tête-bêche, dans l’incapacité de bouger. Cette promiscuité favorise la propagation des maladies qui se développent rapidement en raison du manque d’hygiène. L’une des raisons de cette surpopulation est le nombre particulièrement élevé de prévenus par rapport au nombre de condamnés.

Le Sous-comité pour la prévention de la torture (SPT) souligne, en 2016, que la surpopulation et le manque de personnel restent des problématiques majeures. Il reconnaît néanmoins que certains progrès sont à noter depuis sa dernière visite de 2008. L’adoption d’un nouveau code de procédure pénale en 2012 rend notamment obligatoire la présentation d’une personne présumée coupable à une autorité judiciaire dans les 48 heures qui suivent son arrestation. Cela a permis une amélioration du traitement des détenus. Le SPT recommande, en conclusion de sa visite et conformément au Protocole facultatif de la convention des Nations unies contre la torture ratifié en 2006, que le pays se dote d’un mécanisme national de prévention.