Année

Vie quotidienne

Toutes les personnes détenues passent au moins une heure par jour en plein air

oui

L'administration pénitentiaire propose des activités aux personnes détenues

oui

Des espaces sont dédiés aux activités physiques et sportives

oui

La plupart des établissements disposent d’un espace dédié aux activités physiques et sportives. Les prisonniers peuvent accéder à la salle de sport y compris quand aucune activité n’est programmée.

La prison de Burg, en Saxe-Anhalt, propose des cours de yoga, de pilates et de body-building.


  1. Lana Osment, “The Complexity of Rehabilitation in Open and Closed Prison Setting”, Université de Lund, 2018, p. 36 (en anglais).

Des espaces sont dédiés aux activités culturelles

oui

La plupart des établissements proposent des ateliers d’art et d’artisanat : poésie, poterie, peinture…

La prison de Burg, en Saxe-Anhalt, propose un club de lecture et de l’art-thérapie.


  1. Lana Osment, “The Complexity of Rehabilitation in Open and Closed Prison Setting”, Université de Lund, 2018, p. 36 (en anglais).

Les établissements disposent d'une bibliothèque

oui

Le travail est obligatoire

oui

Le travail est, dans la plupart des Länder, obligatoire. Cinq Länder ont abrogé cette obligation.

Toutes les personnes détenues sont autorisées à travailler

non

Les personnes placées à l’isolement ne peuvent pas travailler.

Le nombre de postes proposés est insuffisant. Près de 30 % de la population carcérale n’a pas accès à un travail.

Le travail à caractère punitif est interdit

oui

Les prisonniers n’ont accès à un travail qu’après une “période d’adaptation” fixée par l’administration à un mois.

Les travaux proposés sont principalement :

  • la menuiserie
  • le travail du métal
  • l’assemblage simple
  • le service général (entretien, restauration, blanchisserie, maintenance)1

Les travaux d’assemblage industriel sont les plus courants.


  1. Lana Osment, “The Complexity of Rehabilitation in Open and Closed Prison Setting”, Université de Lund, 2018, p.33. 

Le travail est placé sous la responsabilité de la direction. L’affectation tient compte des capacités, des compétences et des choix exprimés par les personnes détenues.

Un nombre maximal d'heures de travail quotidiennes/hebdomadaires est fixé, avec un jour de repos au moins

oui

Les personnes détenues travaillent huit heures par jour du lundi au vendredi.

Les prisonniers de la prison de Bremervörde, en Basse-Saxe, travaillent 35,5h hebdomadaires, de 7h à 17h, cinq jours par semaine.

Les personnes détenues perçoivent un salaire pour le travail qu’elles effectuent

oui

Plus de la moitié du salaire est déposée sur un compte d’épargne. Ce pécule de libération est destiné à faciliter la sortie. Une partie est, le cas échéant, destinée aux parties civiles. Le détenu dispose librement du reliquat.

  • Les détenus de la prison de Rosdorf (Göttingen) dénoncent, dans un courrier adressé au Knast-Soligruppe Göttigen, leurs difficiles conditions de travail. Ils perçoivent la majeure partie de leur salaire à leur libération. L’argent dont disposaient les Sicherungsverwahrte (rétention de sûreté) avant 2018 est remplacé par des bons d’achat.

    Voir la rubrique “Personnes condamnées à de longues peines” pour plus d’informations sur les Sicherungsverwahrte.

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    26/06/2019
    / TAZ

Les salaires sont

largement en-dessous du niveau de salaire minimum national

Le taux horaire varie, en prison, de 1 à 3 €. Le salaire minimum mensuel est, sur le marché du travail, de 1 200 €. Il est, en prison, de 300 €.

Certains travaux sont rémunérés à la pièce

non

Les rémunérations sont soumises aux cotisations sociales

non

Les prisonniers sont exclus du régime de retraite.

Les personnes détenues ont le droit de se syndiquer

oui

La Gefangenen-Gewerkschaft / Bundesweite Organisation (GG-BO - Union des prisonniers - Organisation fédérale) est créée, en mai 2014, à la prison de Tegel (Berlin). La GG-BO regroupe, en 2016, 850 prisonniers dans plus de 70 établissements. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un syndicat. Elle ne peut pas organiser de grèves et n’a pas de pouvoir de négociation collective. Les principales revendications de la GG-BO sont la mise en place d’un salaire minimum légal, la sécurité sociale complète (retraite, assurance-maladie) et la liberté syndicale derrière les barreaux. Les membres de la GG-BO se plaignent de harcèlement : contrôle accru du courrier, fouille des cellules, exclusion du travail ou transfert.

Les programmes d’enseignement et de formation professionnelle de la prison de Heidering sont, depuis 2013, pris en charge par des prestataires externes.1


  1. Département de la Justice, de la protection des consommateurs et antidiscrimination du Sénat de Berlin, “Le système pénitentiaire à Berlin”, octobre 2015, p. 26 (en anglais, disponible ici en allemand). 

L'enseignement est dispensé

dans tous les établissements

Des cours de niveau secondaire sont proposés aux prisonniers n’ayant pas achevé ce cycle.

Des formations professionnelles sont dispensées

oui

De nombreux établissements proposent des formations professionnelles. Ceux de Berlin organisent des cours permettant la certification aux métiers de monteurs, serruriers, cuisiniers, menuisiers, charpentiers, jardiniers, techniciens en mécatronique automobile et vélocistes.1


  1. Département de la Justice, de la protection des consommateurs et antidiscrimination du Sénat de Berlin, “Le système pénitentiaire à Berlin”, octobre 2015, p. 26 (en anglais, disponible ici en allemand). 

Les personnes détenues peuvent se tenir régulièrement informées des affaires publiques

oui

Les personnes détenues ont accès à la télévision

oui, par location

  • Les Sicherungsverwahrte de la prison de Rosdorf (Göttingen) n’ont plus le droit, depuis septembre 2017, de posséder des DVD et des livres pornographiques. Ils ne peuvent plus enregistrer d’émissions télévisées. Ils ont accès à des rediffusions pendant trois jours.

    Voir la rubrique Personnes condamnées à de longues peine pour plus d’informations sur les Sicherungsverwahrte.

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    26/06/2019
    / TAZ

Les personnes détenues ont accès à la radio

oui

Les personnes détenues ont accès à la presse

oui

L’administration pénitentiaire autorise l'accès à Internet

dans quelques Länder

L’usage de l’Internet en prison fait débat. Des projets-pilote permettent aux prisonniers d’accéder aux agences de placement et à un portail d’aide à la probation. C’est le cas dans Land de Thuringe. Tout autre site est bloqué.

  • Les personnes détenues de la prison de Rosdorf (Göttingen) se mobilisent pour avoir accès à Internet. Ils obtiennent l’accès à sept sites. Ceux-ci restent soumis à la censure.

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    26/06/2019
    / TAZ

Les religions les plus représentées sont le protestantisme et le catholicisme. L’islam est, dans certains Länder, en seconde ou troisième position.1

La plupart des détenus n’affiche aucune appartenance religieuse.2


  1. Irene Becci, “Religion and Religions in Prisons: Observations from the United States and Europe” (“Religion et religions en prison observations en Europe et aux États-Unis”), in Journal for the scientific study of religion, 14 août 2017, p. 244 (en anglais). 

  2. Sarah J. Jahn, “Being Private in Public Space? The ‘Administration’ of ‘Religion’ in German Prisons” (“Le privé dans l’espace public : l’“administration” de la “religion” dans les prisons allemandes”), in Journal of Religion in Europe 4/2016, p. 409 (en anglais). 

Les personnes détenues peuvent pratiquer librement leur religion et suivre leur philosophie

oui

Les prisonniers peuvent recevoir des visites d’un ministre de leur culte.1 Les échanges entre les prisonniers et les représentants du culte sont confidentiels.

Les imams sont pour la plupart bénévoles. En nombre insuffisant dans certains Länder, ils ne peuvent assister toutes les personnes qui en font la demande. L’aumônerie musulmane fait l’objet de débats. La plupart des Länder expriment une volonté d’en proposer une. Aucun contrat n’est cependant établi avec des organismes musulmans. Les dispositions relatives à la religion sont, en droit public, articulées autour de la religion catholique. La loi allemande n’est pas adaptées aux particularités de l’islam.2


  1. Irene Becci, “Religion and Religions in Prisons: Observations from the United States and Europe” (“Religion et religions en prison observations en Europe et aux États-Unis”), in Journal for the scientific study of religion, 14 août 2017, p. 244 (en anglais). 

  2. Sarah J. Jahn, “Being Private in Public Space? The ‘Administration’ of ‘Religion’ in German Prisons” (“Le privé dans l’espace public : l’“administration” de la “religion” dans les prisons allemandes”), in Journal of Religion in Europe 4/2016, pp. 405-416 (en anglais). 

Des lieux sont dédiés à l’exercice du culte

dans tous les établissements

Chaque établissement dispose d’un espace dans lequel il est possible d’organiser un office religieux collectif (principalement le culte, mais également des groupes d’étude de la Bible).

Certains établissements anciens disposent d’une chapelle. Les lieux de culte, chappelles ou salles polycultuelles peuvent, dans tous les cas, être à l’usage de tous. Les aumôniers bénévoles rencontrent les fidèles dans une pièce réservée aux visites.

Des aumôniers sont présents

varie en fonction des cultes

L'administration rémunère les aumôniers

varie en fonction des cultes

Les aumôniers sont rémunérés quand l’administration juge le nombre des participants suffisant. Chaque établissement rémunère habituellement un aumônier catholique et un protestant. Certains ne perçoivent que la moitié de leur salaire ou sont bénevoles pour le motif énoncé précédemment (Saxe, Mecklembourg-Poméranie -Occidentale, Brandebourg, Thuringe…).

La plupart des Länder opèrent une distinction stricte entre pratique religieuse et prévention de la radicalisation.

La prévention de la radicalisation est mise en œuvre dans le cadre des programmes de sociothérapie.

L’État fédéral ne conçoit aucune politique nationale de prévention de la radicalisation en prison. Seuls quelques Länder mettent en œuvre des programmes de prévention. C’est le cas en Bavière avec le programme MIND. Des agents, au nombre de 2 700, sont formés à la détection et à la prévention de la radicalisation en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Des personnes ou des organisations extérieures sont autorisées à intervenir

oui

Les autorisations d'intervention sont délivrées par

l’administration pénitentiaire

Les personnes détenues sont autorisées à disposer de ressources financières

oui

Les ressources financières sont accessibles

sur un compte nominatif

Le compte nominatif est alimenté par plusieurs types de ressources :

  • la rémunération du travail, l’allocation de formation ou l’assistance aux indigents

  • l’argent versé par des proches

  • les ressources dont le prisonnier disposait avant son arrestation

  • une allocation spéciale destinée exceptionnellement à sa réinsertion

Les ressources de la personne détenue sont allouées à plusieurs types d’usages :

  • l’achat de produits cantinables à concurrence de 3/7 de sa rémunération ou de l’allocation de formation

  • la constitution d’un pécule de libération. Ce pécule représente 4/7 de la rémunération ou de l’allocation de formation. Son montant doit permettre au prisonnier sortant d’assurer sa subsistance et celle des personnes à sa charge durant les quatre semaines qui suivent sa libération. Ce pécule n’est pas prévu par les lois pénitentiaires du Brandebourg, du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, de Rhénanie-Palatinat, de Sarre, de Saxe et de Thuringe

  • l’indemnisation des parties civiles

  • le soutien financier à sa famille1


  1. Voir le site du ministère de la Justice du Bade-Wurtemberg 

Les personnes détenues indigentes perçoivent une aide, financière ou en nature

oui

Les personnes détenues sans ressources et inaptes au travail perçoivent une aide financière. L’administration leur verse une allocation d’environ 35 € par mois. Ce montant varie selon les établissements.

Les personnes détenues sont autorisées à discuter de leurs conditions de détention avec les autorités pénitentiaires

oui

Les discussions relatives aux conditions de détention entre les détenus et les autorités pénitentiaires se pratiquent dans un cadre juridique pré-établi : le principe de co-responsabilité des prisonniers (Gefangenenmitverantwortung, GMV). Ce principe donne droit à leur représentant élu de prendre part aux processus de décision concernant la vie carcérale. Ce représentant fait part à l’administration des préoccupations de ses codétenus.

Pour en savoir plus sur le principe de co-responsabilité des prisonniers, se référer à la thèse de Sarah Watts, de l’Université de Münster (2013).

Les personnes détenues disposent du droit d'association

oui

Les personnes détenues n’ont pas le droit de grève. Elles n’ont pas le droit de négocier collectivement.

Les détenus disposent du droit de vote

oui

La personne détenue peut être privée, par ordonnance du tribunal et dans des circonstances exceptionnelles, du droit de vote. Cette privation peut être prononcée en cas de trahison ou de haute trahison envers la République fédérale d’Allemagne.

Les personnes détenues en établissement ouvert peuvent se rendre au bureau de vote ou voter par correspondance.

Elles votent, en établissement fermé, notamment par correspondance. L’administration assure la confidentialité du vote. Les bulletins sont placés sous pli fermé.

Les personnes détenues ne sont pas autorisées à produire des émissions de radio internes.

Elles sont associées, dans la plupart des établissements, à l’édition d’une publication. Celle-ci est soumise à la censure. Le Lichtblick, rédigé à la prison de Tegel, à Berlin, est la seule à n’être soumise à aucune censure. Les autorités ont essayé, sans succès, d’en réduire la liberté.