Année2017
Contributeur(s)Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos | Prison Insider

Le système pénitentiaire

Les établissements pénitentiaires sont au nombre de 379 dans le pays : 21 établissements fédéraux dont 12 au sein du District fédéral, 284 établissements appartenant aux états fédérés et 74 établissements municipaux. Six prisons sont qualifiées de haute sécurité.

Les établissements fédéraux sont nommés Ceferesos et les établissements relevant des états fédérés sont les Ceresos.

Les 379 établissements pénitentiaires ont une capacité totale de 197 993 places. Ce chiffre recense le nombre de lits disponibles. Il n’est pas calculé selon le nombre de m² disponibles pour chaque personne détenue. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture considère qu’il ne représente pas la réelle capacité d’accueil. Les lits sont entassés dans des espaces restreints dans de nombreuses prisons. La surpopulation atteint 120 à 160% dans les prisons de Mesa (Tijuana) ou de Nezahualcoyotl Bordo (état de Mexico) bien que chaque prisonnier y dispose d’un lit.

Trente et une prisons ferment, en 2013, en raison de leurs mauvaises infrastructures, d’une surpopulation élevée et des violences que cela engendre. Vingt-quatre centres provinciaux et fédéraux sont en construction. Le gouvernement mexicain lance, en 2012, un processus de privatisation des prisons. Cinq établissements fonctionnent selon un contrat de prestation de service.

Le gouvernement mexicain souhaite renforcer la sécurité et agrandir les centres fédéraux de réinsertion sociale (Ceferesos). Cette décision répond à l’évasion très médiatisée de Joaquin “El Chapo” Guzman. 1,2 milliard de pesos (72 millions de dollars américains) sont investis dans le renforcement de la sécurité des 15 hectares de prisons abritant 1 110 prisonniers fédéraux.

Quinze Ceresos, six Ceferesos, trois centres pour mineurs et l’Ecole de l’administration pénitentiaire sont accrédités par l’American Correctional Association (ACA). L’ACA est une association américaine qui fait la promotion la gestion privée des établissements pénitentiaires. La Commission national des droits humains affirme que les établissements accrédités sont en réalité surpeuplés, touchés par la la violence et la corruption, et l’accès à la nourriture et aux soins n’est pas assuré[^Privatisation du système pénitentiaire au Mexique] [^Human Rights Brief].

[^Privatisation du système pénitentiaire au Mexique]: Documenta, “Privatisation du système pénitentiaire au Mexique”, 08/2016 (à consulter en espagnol) [^Human Rights Brief]: Human Rights Brief, “Privatisation des prisons au Mexique et les droits des personnes privées de liberté” (à consulter en espagnol)

Nombre d'établissements en gestion privée

5

Nombre de places opérationnelles

209 313

i
31/01/2016
/ World Prison Brief

Les établissements fédéraux dépendent du Secrétariat fédéral de la sécurité publique. La direction des autres établissements est divisée entre les États fédérés et les communes. Les établissements étatiques et le District fédéral appartiennent au gouvernement de chaque État. Les établissements municipaux dépendent du Secrétariat de la sécurité publique municipale concernée.

Un système d’auto-gouvernance est mis en place dans 71 prisons, en raison du manque de personnel et de la surpopulation. Il en résulte des violences régulières entre les prisonniers. Certains d’entre eux possèdent les clés des cellules et peuvent prendre le contrôle des zones communes. Ils forcent leurs codétenus à payer pour accéder à certains droits (espace de couchage, appels téléphoniques, visites, utilisation les toilettes). Ils possèdent parfois des armes et développent un trafic de drogue au sein des établissements.