Date du rapport
Auteur(s)Prison Insider

Le système pénitentiaire

L'organisation du système pénitentiaire

La Direction générale des affaires pénitentiaires est, depuis 1990, sous tutelle du ministère de la Justice. Elle est également en lien avec le ministère de la Sécurité publique car les agents de police pénitentiaire en dépendent.

Le Burundi possède onze prisons, dont une pour les femmes. Il dispose d’environ 400 cachots communaux. Deux centres de rééducation pour mineurs en conflit avec la loi (CRMCL) sont construits en 2015.

Les prisons se répartissent en quatre catégories :

  • Catégorie A : six maisons d’arrêt, à Bubanza, Bururi, Muramvya, Muyinga, Rutana et Ruyigi. Les prévenus, détenus pour contravention ou peines de durée inférieure à dix ans y sont enfermés.
  • Catégorie B : deux maisons de détention, à Gitega et Ngozi. Elles enferment les condamnés à des peines pour délits de plus de dix ans.
  • Catégorie C : deux prisons centrales, celle de Mpimba dans la capitale Bujumbura et celle de Murembwe à Rumonge. Elles enferment les condamnés à des peines criminelles de plus de dix ans et les récidivistes.
  • Catégorie spéciale : la prison pour femmes à Ngozi.

Les prisons datent de l’époque coloniale, sauf les prisons pour hommes et pour femmes de Ngozi. La plupart ont été construites entre 1926 et 1959.

Des opérations de réhabilitation des prisons sont régulièrement menées. L’Etat belge y apporte, dans certains cas, un soutien financier, sans toutefois financer la construction de nouvelles prisons. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) apporte son aide dans la réhabilitation du milieu carcéral et l’implantation de systèmes de distribution d’eau notamment à Rutana, Muramvya, Bururi, Gitega, Muyinga, Ngozi Femmes et Mpimba.

La prison centrale de Mpimba (Bujumbura) comporte plusieurs bâtiments, des cours à l’air libre et des corridors couverts reliant chaque bâtiment. Les bâtiments sont : le camp des policiers, le bâtiment administratif avec les parloirs et les bureaux, l’infirmerie, un magasin, les bâtiments de détention et la cuisine. La prison comporte aussi un terrain de football et un terrain de basketball, des abris de fortune pour ceux qui n’ont pas de place à l’intérieur et des plantations agricoles. Un marché est toléré dans l’enceinte de la prison.

Nombre de places opérationnelles

4 194

i
01/11/2017
/ SOS Torture Burundi

Le personnel des prisons est composé à la fois d’agents de police et de surveillants pénitentiaires.

Les surveillants pénitentiaires dépendent du ministère de la Justice. Les agents de police dépendent du ministère de la Sécurité publique.

La Direction générale des affaires pénitentiaires affecte certains prisonniers aux tâches de surveillance au sein des quartiers ou des dortoirs. Ils sont surnommés "généraux" par les détenus. Ils sont garants du respect de l’ordre et tiennent des registres de présence et d’incidents.

Ils sont chapeautés par un "général principal" et deux adjoints qui assurent une liaison quotidienne entre le personnel administratif et juridique de prison, les "généraux" et les personnes détenues.

Les "généraux principaux" portent des habits civils. Ils ont le droit d’avoir un portable et disposent d’un droit de sortie. Les "généraux" sont nommés à tour de rôle "généraux de semaine". Ils répriment les infractions et règlent les conflits.

Une quinzaine de "généraux de sécurité" sont nommés par la direction sur proposition des "généraux principaux". Ils portent la chemise verte de l’uniforme des prisonniers mais pas le pantalon. Ce sont les détenus les plus imposants physiquement. Ils confisquent des objets et règlent les conflits, souvent par la force.

La pratique de la corruption pour obtenir des faveurs est fréquente.