Année2015

L’intégrité physique

La peine de mort est inscrite dans le code pénal. Personne n’a été exécuté depuis 2001 mais 28 personnes attendent encore dans le couloir de la mort.

La peine de mort est requise, en avril, contre 15 personnes. Elles sont accusées de l’assassinat, en septembre 2014, de huit journalistes et membres d’une équipe anti-Ebola chargée de sensibiliser la population des zones rurales. Elles sont finalement condamnées à une peine à perpétuité.

Le manque de prise en charge médicale est la cause principale des décès. Le paludisme et le béribéri sont les maladies qui entrainent le plus couramment la mort. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a aidé à enrayer le phénomène de malnutrition dans les établissements pénitentiaires.

Les décès par suicide ou résultant de violence entre détenus ou par les surveillants ne sont pas courants.

Les auteurs de crimes particulièrement graves peuvent être victimes de lynchages orchestrés par la population ou par les codétenus. Une foule lynche quatre personnes détenues pour l’assassinat d’un marchand d’or, le 29 novembre à la maison centrale de Kouroussa[^1].

[^1]:À ce sujet, voir le reportage de France 24 du 22 décembre 2015

Les actes de torture ont été très fréquents pendant les 50 ans de dictature qu’a connus la Guinée. Le phénomène persiste quand bien même le nombre de cas a considérablement diminué. Le code pénal ne définit pas l’acte de torture ou les traitements inhumains et dégradants.

La plupart des cas de violence ont lieu pendant la garde à vue ou lors des enquêtes préliminaires. Le but est d’obtenir des aveux. Les interrogatoires peuvent durer jusqu’à 12 heures et se répéter plusieurs fois.

Des membres du bureau du Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) des Nations unies en Guinée rencontrent, en janvier 2015, des prévenus à la prison civile de Forécariah. Ces derniers font part des mauvais traitements subis au moment de leur arrestation.

Trois hommes de nationalité étrangère, soupçonnés d’avoir participé, le 6 février 2015, à l’assassinat de Thierno Aliou Diaouné, coordonnateur des projets du Fonds de consolidation de la paix en Guinée, sont détenus à la maison centrale de Conakry. Ils rapportent à l’HCDH avoir été torturés par les policiers de la Brigade de répression du grand banditisme.

Le personnel recourt encore aujourd’hui à l’enchaînement lorsque la personne représente un danger pour les autres. Les personnes souffrant de troubles mentaux en sont particulièrement victimes. Le personnel dit n’avoir pas d’autres moyens pour prendre en charge ces personnes.

Le Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations unies (HCDH) visite 183 lieux de détention entre janvier et novembre 2015 (commissariats de police et prisons). L’équipe constate des délais de détention provisoire dépassés, le maintien en détention de personnes bénéficiant d’un ordre de libération et de nombreux cas de personnes détenues

Elle dénonce également la pratique qui consiste à demander aux familles une somme d’argent en échange de la libération leurs proches gardés à vue. Elle signale la politique d’arrestations de masse lors de troubles politiques, notamment lors des élections présidentielles d’octobre.

Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire demande, en mai, la libération de trois militaires de haut rang. Ils sont détenus depuis 2011 et accusés d’avoir participé à une attaque contre le domicile du président Alpha Condé. La cour d’assises n’a toujours pas statué sur leur cas, faute de sessions régulières.