Date du rapport
SourcesPavel Sapelka / Centre des droits humain Viasna / Prison Insider

Introduction

La Biélorussie est considérée comme "la dernière dictature d’Europe". Son président est à la tête de l’Etat depuis 1994. Il est le seul pays européen à pratiquer la peine de mort et à ne pas faire partie du Conseil de l’Europe. Il n’a pas signé la Convention européenne des droits de l’homme. Entre deux et neuf personnes sont exécutées chaque année. Siarhei Vostrykau a été exécuté le 9 mai 2017.

Le régime fait usage de la prison pour réprimer les opposants politiques, les journalistes et les militants des droits humains. Au moins 650 manifestants sont arrêtés, en 2016, lors des élections présidentielles. Sept cents sont placés en garde à vue, en mars 2017, à l’occasion d’une manifestation organisée pour "le jour de la paix".

Le taux d’incarcération – 314 prisonniers pour 100 000 habitants — est stable mais très élevé. La moyenne européenne est de 134 (chiffres de 2014).

Les conditions de vie en détention sont difficiles. Une personne détenue dispose en moyenne d’un espace de 2m². Les détenus sont forcés à travailler et perçoivent une rémunération très faible. Le département d’exécution des peines ne met pas de matériel de sécurité à disposition. Les accidents au travail sont courants et conduisent parfois à la mort. Les soins médicaux sont précaires. La tuberculose est quatre fois plus répandue en prison qu’à l’extérieur.

Les personnes souffrant de dépendance à l’alcool ou aux stupéfiants peuvent être incarcérés dans des centres de traitement spécialisés (LTP pour les sigles en anglais). Ces centres sont gérés par le département de l’exécution des peines. Aucun suivi psychologique n’est proposé. Seules 5% des personnes admises arrêtent leur consommation d’alcool.

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