Analyse

Associations et organisations internationales alertent depuis plusieurs années sur l’intensification de la répression à l’encontre des défenseur.ses des droits humains et des libertés. Dresser un état des lieux précis relève du défi, car ces personnes sont souvent qualifié.es de criminel.les ou de terroristes par les États qui les poursuivent. Certaines initiatives tentent de briser cette invisibilisation. L’organisation SOS-Defenders recense ainsi, en septembre 2025, 443 cas de militant.es détenu.es de manière arbitraire, un chiffre largement sous-estimé du fait des obstacles à l’accès à l’information.

L’histoire ne commence pas en prison. La répression s’installe en amont : campagnes de diffamation, lois restrictives, usage disproportionné de la force policière. Activistes écologistes, communautés autochtones, journalistes, avocat.es ou membres de la communauté LGBTQI+ voient leur engagement transformé en menace à neutraliser.

Prison Insider explore, dans ce long-format, la façon dont la défense des droits humains devient un motif d’incarcération, sous toutes les latitudes.

— Cet article fait partie de la série Pris dans la spirale et est réalisé avec le soutien de l’Agence française de développement.

Les mots constituent le point de départ d’un processus de criminalisation.

Au Mexique, ce sont principalement les militant.es autochtones et écologistes qui font les frais de l’interprétation large des dispositions législatives.

Certains États s’engagent sur la scène internationale en faveur de la protection des défenseur.ses mais adoptent une tout autre posture sur leur sol.

La répression est souvent alimentée par des intérêts croisés entre pouvoirs publics et entreprises privées.

Dans de nombreux pays, la famille joue un rôle crucial en prison : soutien financier, apport de nourriture et de linge, soutien émotionnel.