Analyse
< image © Valentin Lombardi.

Les prisons débordent. Année après année, le nombre de personnes incarcérées ne cesse d’augmenter, signe d’un modèle de punition devenu dominant et souvent présenté comme universel ou neutre. Cette hégémonie ne doit pourtant rien au hasard et tout à l’histoire coloniale. Les puissances impériales ont exporté, imposé et adapté l’enfermement carcéral dans les territoires qu’elles dominaient, souvent pour réprimer, discipliner et restructurer les sociétés colonisées. Ce legs colonial continue d’imprégner en profondeur les systèmes pénitentiaires contemporains, façonnant encore aujourd’hui les pratiques, les politiques et les inégalités de l’enfermement.

Prison Insider consacre, sans prétendre à l’exhaustivité, un article long-format en trois volets à l’héritage colonial des systèmes pénitentiaires. Deuxième volet : indépendances, un goût d’inachevé.

— Cet article fait partie de la série Pris dans la spirale et est réalisé avec le soutien de l’Agence française de développement.

Dans le sous-continent indien, c’est la Compagnie des Indes Orientales qui introduit la première prison de la région.

L’héritage de l’esclavage continue de structurer en profondeur les systèmes pénaux contemporains.

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En Guyane, la moitié de la population carcérale est composée de personnes étrangères, en grande partie d’origine brésilienne.