Date du rapport
Auteur(s)Observatoire vénézuélien des prisons | Prison Insider

Le système pénitentiaire

Le système pénitentiaire compte officiellement 35 établissements : treize centres pénitentiaires, quinze "internats judiciaires" possédant chacun une annexe pour les femmes, deux communautés pénitentiaires, une prison pour femmes et quatre centres pénitentiaires agricoles1. Il est difficile d’estimer le nombre réel des centres de détention, sachant que les postes de police accueillent des personnes, y compris des condamnés, pendant de longues périodes.

De nombreux établissements pénitentiaires sont d’anciennes écoles, d’anciens hôpitaux ou bâtiments militaires. Le Plan national d’humanisation pénitentiaire, qui prévoyait de construire ou de rénover 25 centres pénitentiaires entre 2006 et 2011, a réalisé trois de ces projets.

Le Ministère du service pénitentiaire (MPPSP), dans le cadre du "Plan Cambote", mis en place depuis 2012 avec l’objectif d’améliorer les infrastructures des centres de détention du pays, a fermé cinq centres pénitentiaires : la prison de Santa Ana, l’"Internat judiciaire" de Los Teques, la prison de Cumaná, la "Casa de Reeducación y Trabajo" et la prison de Coro. Seul le centre pénitentiaire Fénix, dans l’Etat de Lara, a été inauguré.

La prison de Tocorón, contrôlée par des gangs, possède une discothèque, une piscine, un centre hippique et un restaurant. L’organisation a mis en place une "banque" où les détenus doivent déposer chaque mois la "causa". La somme qui doit être payée à l’"administration autonome" pour le simple fait d’occuper la prison2. La prison de San Antonio, sur l’île de Margarita, possédait les mêmes types d’équipements. Elle est fermée en février 20163.

Le MPPSP est créé en 2011, suite au massacre d’El Rodeo I. Iris Varela Rangel en est la ministre.

Le "Nouveau régime pénitentiaire", mis en place dans certaines prisons depuis 2012, cherche à reprendre le contrôle des établissements aux mains de gangs armés. Ce programme est régulièrement dénoncé par des organisations de défense des droits de l’homme. Il impose aux détenus une discipline militaire rigoureuse, utilise l’isolement prolongé et les châtiments corporels à titre de sanction.

Le MPPSP affirme que le nouveau régime est appliqué dans la plupart des centres pénitentiaires du pays. Des preuves attestent qu’il n’est appliqué que dans les prisons El Rodeo II et El Rodeo III, le centre pénitentiaire de la Región Andina (Mérida), le centre pénitentiaire David Viloria connnu sous le nom d’Uribana (Lara), le centre pénitentiaire Metropolitano Yare III (Miranda), le centre pénitentiaire de Occidente II (Táchira), la prison de San Antonio (Margarita) et tous les centres de détention pour mineurs. Pour reprendre le contrôle des enceintes, le MPPSP a été contraint de transférer l’intégralité des détenus. Ils ont ensuite réinvesti les bâtiments avant d’accueillir à nouveau des détenus. 1.

Selon l’organisation Transparency International Venezuela, qui travaille sur les faits de corruption, le MPPSP bénéficie, en 2015, d’un budget de 2 481 514 880 bolivars (2 337 000 dollars US). L’Observatoire vénézuélien des prisons (OVP) estime que ce budget correspondrait à la satisfaction des besoins de 40 000 détenus supplémentaires2.

La Commission permanente des cultes et du régime pénitentiaire de l’Assemblée nationale du Venezuela formulent des projets de loi sur le sujet et effectuent des visites de contrôle des centres de détention et de réclusion.


  1. "El nuevo régimen penitenciario funciona porque los presos cooperamos", Contrapunto.com, 25/07/2014 

  2. Observatorio Venezolano de Prisiones, Rapport du premier semestre 2015, p. 27-29 [en espagnol]