Interview

Équateur : anatomie de la crise carcérale

Quand l'État provoque l'effondrement de la prison

L’Équateur traverse une crise carcérale profonde marquée par une extrême violence et la corruption des institutions. Les massacres dans les établissements pénitentiaires entre 2018 et 2023 ont fait plus de 680 victimes, preuve du délabrement structurel du système. En réaction, le gouvernement a choisi de militariser les prisons. Loin de résorber la crise, ce choix a détérioré les conditions de vie en prison, nourri les dynamiques de violence et aggravé la souffrance des proches des personnes détenues.

Depuis plus de quarante ans, le Comité permanent pour la défense des droits humains (Comité Permanente por la Defensa des los Derechos Humanos, CDH) se consacre à la défense et à la promotion des droits humains. Cette organisation travaille aux côtés du Comité des familles pour la justice en prison (Comité de Familiares por Justicia en Cárceles) et du Comité des familles pour la dignité de la vie en prison et à l’extérieur (Comité de Familiares por una vida Digna dentro y fuera des Cárceles), tous deux fondés par Ana Morales. Cet espace regroupe les proches de personnes détenues qui souhaitent attirer l’attention sur les morts, dénoncer les violences et exiger la transformation du système pénitentiaire.

Fernando Bastias coordonne les contentieux stratégiques pour la CDH, María Luisa fait partie de l’équipe de prise en charge des victimes et Ana Morales mène l’organisation collective des proches. Prison Insider leur a posé trois questions.

— Cet article a été rédigé avec le soutien de la Ville de Lyon et de la Métropole de Lyon.

La marge de manœuvre de l'État se réduit, et les affrontements entre bandes criminelles s'accentuent.