Publié le 23 novembre 2017.

Cet article a été initialement publié sur Inkyfada, site d'information indépendant tunisien.


“Ils ont continué à me crier dessus, à me frapper. Je n'ai pas répondu à leurs coups, je n'ai fait que me protéger en me couvrant la tête”, raconte Nadim, victime de violences policières en juin 2015.

L’agression de Nadim a eu lieu le 6 juin 2015 à Tunis, lors de la manifestation “winou el pétrole” (où est le pétrole), la campagne qui appelait le gouvernement à plus de transparence dans le secteur des énergies. Le jeune homme, alors âgé de 19 ans, était venu avec l’intention de filmer le rassemblement sur l’avenue Habib Bourguiba.

Des policiers l’interpellent, prennent son téléphone portable et y trouvent une photo montrant le visage d’un de leurs collègues. Ils le font alors monter dans un fourgon et commencent à l’insulter et à le rouer de coups. Emmené au commissariat, Nadim pense à s’enfuir, mais paralysé par la peur, il n’y parvient pas. “Je tremblais de la tête aux pieds. Mes genoux pouvaient à peine me porter”, se souvient-il.

Au commissariat, il passe d’un bureau à l’autre ou reste assis dans les couloirs. Maux de tête terribles, nausées, le jeune homme est à bout de force. Après quelques heures passées au poste, il perd connaissance. Réveillé à l’hôpital, il apprend qu’il souffre d’une commotion cérébrale. Membre actif au sein d’une organisation de défense des droits humains, il décide de suivre le conseil de ses proches et de se rendre au centre SANAD, un programme de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) visant à réhabiliter les victimes de torture et de mauvais traitement et à les accompagner dans leur long combat contre l’impunité.

Un soutien indispensable pour les bénéficiaires dont 70% sont au chômage ou appartiennent à la classe ouvrière.

Hassen, devenu aveugle à cause des agressions qu’il a subies lors de son arrestation et en prison, a pu bénéficier de sept interventions chirurgicales

Dissimulation de preuves, non-application des mandats d’amener, d’emprisonnement ou de recherche des accusés : les entraves peuvent être nombreuses.

Au sein des prisons, les représailles peuvent être nombreuses : transfert vers une prison éloignée du domicile de la famille, enfermement en cellule d’isolement, annulation des visites...

Sur 137 audiences d’accusé·es de terrorisme, plus d’un tiers dénoncent des actes de torture et de mauvais traitements, dont un très grand nombre ont eu lieu

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