Interview

Mexique : Cefereso 16, le "cimetière des vivantes"

Mortes en prison, une dette de l'État

Le Centre fédéral de réadaptation sociale (Centro Federal de Readaptación Social, CEFERESO) n° 16, dans l’État du Morelos, est la seule prison fédérale pour femmes du Mexique. En service depuis 2016 comme centre de sécurité maximale, il comptait, en 2023, près de 1000 femmes détenues entre ses murs. Connu comme “le cimetière des vivantes”, cet établissement est l’objet d’une inquiétude croissante en lien avec les conditions de détention qui y règnent.

Au cours des dernières années, y ont été recensées plus de 20 morts en détention. Les autorités en ont classé la majeure partie comme suicides. Des organisations de la société civile et des familles ont lancé l’alerte sur cette vague de décès, ainsi que sur les nombreux cas d’automutilations, dans un contexte marqué par l’isolement prolongé, le manque de soins médicaux et les transferts massifs.

Algaraza est une association qui effectue un travail de plaidoyer et d’accompagnement ciblé des personnes confrontées au système pénal, en prison et au-dehors. Prison Insider a posé trois questions à Denisse Rentería, membre d’Algaraza.

— Cet article a été rédigé avec le soutien de la Ville de Lyon et de la Métropole de Lyon.

Le Cefereso 16 est utilisé, de manière récurrente, comme destination de transfert depuis des prisons d'État surpeuplées.

Les transferts sont mentionnés de façon récurrente dans des plaintes et des procédures légales comme ayant une relation directe avec les morts en prison.

Cet outil a pour objectif de fournir un soutien émotionnel fondamental en situation de crise liée à l'enfermement.