SPG. Les personnes détenues jouissant de leurs droits civiques et politiques ont pu, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, participer au processus électoral en votant lors de l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Des bureaux de votes ont été installés dans les prisons des neuf provinces du pays. Nous étions présent.es dans plusieurs d’entre elles, en qualité d’observateur.ices, pour veiller au bon déroulement du vote en milieu carcéral.
C’est une grande victoire pour SOS Prisonniers Gabon et une avancée majeure pour notre démocratie.
À ce jour, le Gabon est le seul pays d’Afrique centrale à garantir ce droit fondamental aux personnes incarcérées. Nous avons toutefois conscience que toutes les conditions de transparence ne sont pas encore garanties et espérons que ce sera le cas lors des prochaines élections.
Concernant la nouvelle législature, nous appelons à la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les conditions de détention dans les prisons du pays. Aucune commission de la sorte n’a été, depuis les indépendances, initiée dans les lieux de privation de liberté, alors même que le Parlement en a pleinement les prérogatives. En France par exemple, de réels progrès ont été observés à la suite d’une initiative similaire menée par les parlementaires. Il est temps que nos représentant.es, élu.es du peuple, dressent un diagnostic objectif du système carcéral afin que nous puissions, collectivement, identifier des réformes structurelles durables. Notre système pénitentiaire pourrait alors se rapprocher des standards fixés par les règles Nelson Mandela.
Dans la Cinquième République, SOS Prisonniers Gabon s’attend premièrement à la construction de nouvelles prisons qui répondent aux exigences de dignité humaine, à la numérisation du système judiciaire, à l’augmentation du nombre de juges d’instruction et à la mise en place de tribunaux d’application des peines.
Nous avons également besoin qu’une politique nationale de réinsertion des anciennes personnes détenues soit développée et qu’il y ait une meilleure collaboration entre le ministère de la Défense, de la Justice et notre organisation.