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France : "aux oubliées", l’initiative pour offrir des livres aux femmes en prison

L’initiative Aux oubliées a débuté en 2018, en Espagne. “Quel livre offririez-vous à une femme en prison ?” C’est avec cette question, si simple et si compliquée puisqu’il faut se projeter à cette place, qu’elle a été lancée. Maria Rufilanchas, publicitaire féministe à la tête de la marque sociale Teta & teta, décide d’organiser une collecte de livres dédicacés pour les détenues.

En un mois, près de 700 livres sont envoyés “a las olvidadas”, le nom du projet dans sa langue originale. Après une première distribution à la prison de Soto del Real, près de Madrid, d’autres ont suivi.

2 500 prisonnières

Quelques mois après, en décembre 2019, Laure Gomez-Montoya, Debora Kahn-Sriber et Karine Vincent lancent la première édition de la collecte française sur les réseaux sociaux. L’appel aux dons, accompagné d’une seule consigne “écrire un petit mot sur la page de garde”, est partagé des centaines de fois. “On ne s’y attendait pas, mais ça a pris des proportions assez dingues !” s’émeut Laure Gomez-Montoya. La maison d’édition L’Iconoclaste, notre partenaire, reçoit une dizaine de livres par jour. Essentiellement des romans. Comme La Tresse, de Laetitia Colombani, jusqu’ici le livre le plus envoyé aux oubliées.

Oubliées car, en prison, les femmes sont à la fois marginales et marginalisées. En 2019, 70 059 détenus ont été recensés. Parmi eux, près de 2 500 femmes.

Hormis à la maison d’arrêt de Versailles et au centre pénitentiaire de Rennes, elles sont donc minoritaires en détention, où elles évoluent dans des quartiers spécifiques. “Les femmes pâtissent d’être en minorité et sont, de fait, plus isolées, notamment car il est très compliqué d’organiser des activités mixtes et il n’est pas toujours possible de les doubler”, pointe Marie-Pierre Lacabarats, directrice de l’association Lire pour en sortir, qui intervient dans vingt et une prisons.

Les femmes, de grandes lectrices

Bien que la loi rende obligatoire la présence d’une bibliothèque dans chaque prison, elle ne leur est pas forcément accessible. Pourtant, dehors comme dedans, les femmes lisent plus que les hommes.

“16 % de notre lectorat est féminin alors qu’on intervient massivement dans des prisons pour hommes, observe Marie-Pierre Lacabarats. Et le plus grand lecteur de Lire pour en sortir en 2018 est une lectrice, qui a lu soixante-quatorze livres en neuf mois”.

Laure Gomez-Montoya constate, elle, que “90 % des livres reçus sont envoyées par des femmes”. La première distribution aura lieu le 9 mars, à la prison de Fleury-Mérogis.

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