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En Tunisie, l’ombre de la torture est de retour

Malgré des acquis démocratiques exemplaires depuis le printemps de 2011, les mauvais traitements dans les lieux de détention perdurent en Tunisie.

Ahmed Ben Abda, 36 ans, a l’œil droit éteint. Il est borgne, séquelle d’un très mauvais coup. Sanglé dans son blouson de cuir, M. Ben Abda raconte, sans colère, cette fâcheuse soirée de la fin 2013, quand le hasard l’a fait croiser un véhicule de police à l’entrée de La Marsa, dans la périphérie nord de Tunis. Il est contrôlé, ses papiers sont en règle. On le prend néanmoins pour un voleur, il proteste, il est embarqué manu militari. Dans le huis clos du fourgon, les coups pleuvent avec une rare violence. Quand il rouvre les yeux, il ne voit plus que d’un seul. Son syndicat veillera à ce que l’infirmité ne lui coûte pas son travail d’employé dans une société de transports urbains. Mais la leçon qu’il tire de son infortune est grinçante : “La Révolution n’a rien changé !

Cas isolé ? Pratiques systématiques ? Si les analyses divergent sur la nature du phénomène, le simple fait que l’on débatte de la permanence de la torture – et d’une manière plus générale, des violences dans les lieux de détention – souligne les ambivalences de la transition tunisienne, cinq ans après la révolution de 2011. Le 21 avril à Genève, une délégation de Tunis emmenée par Kamel Jendoubi, le ministre chargé des droits de l’homme et des relations avec la société civile et les instances constitutionnelles, a dû s’expliquer devant le Comité contre la torture des Nations unies.

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