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Arabie Saoudite : nouvelles allégations de torture

Des SMS transmis par des gardiens de prison ont apporté des témoignages horrifiants sur le traitement de détenus politiques

De nouveaux témoignages contiennent des allégations de torture de prisonnières et prisonniers politiques dans des prisons saoudiennes, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Ces informations s’ajoutent aux précédentes allégations selon lesquelles des militantes saoudiennes des droits des femmes, arrêtées au début de l’année 2018, auraient été torturées avec des décharges électriques, battues, fouettées et soumises à diverses formes de harcèlement sexuel. Les autorités saoudiennes n’ont toujours pas mené d’enquêtes indépendantes et crédibles sur ces allégations, ni sur celles portant sur la torture d’autres détenus.

Human Rights Watch a obtenu une série de SMS anonymes qui avaient été envoyés en janvier 2021 par une personne s’identifiant comme un gardien de prison en Arabie saoudite. Ces messages SMS décrivaient les tortures et les mauvais traitements infligés par des interrogateurs saoudiens à des détenus de premier plan vers la mi-2018, et ayant duré jusqu’à la fin de cette année. La personne qui a été témoin de ces abus a préféré rester anonyme par crainte de représailles, et a transmis des SMS d’autres gardiens de prison comportant des témoignages semblables.

De nouvelles allégations de torture brutale de militantes des droits des femmes et d’autres détenus de premier plan lèvent un peu plus le voile sur le mépris de l’Arabie saoudite à l’égard de l’état de droit, et sur son refus d’enquêter de manière crédible sur de telles allégations”, a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Permettre aux auteurs d’abus de s’en sortir ainsi envoie le message qu’ils peuvent torturer en toute impunité, sans craindre de devoir rendre des comptes pour ces crimes.

Les SMS ont évoqué des incidents lors desquels plusieurs personnes incarcérées, dont l’éminente militante des droits des femmes Loujain al-Hathloul et le défenseur des droits humains Mohammed al-Rabiah, auraient subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements.

Compte tenu du refus des autorités saoudiennes à mener elles-mêmes une enquête crédible et indépendante sur les allégations de torture, l’image du pays restera ternie jusqu’à ce qu’elles autorisent des observateurs internationaux indépendants à se rendre dans le pays afin d’enquêter sur les allégations de torture, a déclaré Human Rights Watch. Les dirigeants saoudiens devraient également annuler toutes les charges, condamnations et peines infligées aux militantes des droits des femmes et aux autres personnes ciblées en raison de leur activisme pacifique et pour avoir exprimé leurs opinions, a ajouté Human Rights Watch.

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