Le recours à l'isolement pour les prisonniers détenus pour motifs politiques : un rapport d'Amnesty fait état de sévices et de cas de torture.

— Publié le 9 mai 2018.

Surpopulation, nourriture insuffisante et conditions matérielles déplorables de détention sont le lot quotidien des prisonniers égyptiens. Amnesty International parle d'une "crise des droits humains". Une situation dans laquelle le respect le plus élémentaire des droits inhérents aux être humains n'est pas effectif.

Le dernier rapport de l'organisation se penche sur la pratique du placement à l'isolement des détenus par les autorités. Et montre que son usage vise à infliger des dommages psychologiques et corporels supplémentaires, principalement à l'encontre des personnes détenues pour motifs politiques.
Militants des droits humains, avocats, membres de l'opposition et journalistes sont placés arbitrairement à l'isolement. Ils y séjournent de manière prolongée ou pour une durée indéterminée. Ils font état de conditions de détention extrêmement précaires, dans des cellules étroites, faiblement éclairées et ventilées.

Plusieurs témoignages décrivent une absence de toilettes. Certains prisonniers sont été contraints d'uriner et de déféquer dans des boîtes métalliques. D'autres, soumis à des châtiments corporels, font le récit de sévices avilissants.

Kareem Taha, incarcéré à la prison de Wadi al-Natrun et de Demo explique : "Le surveillant m'a conduit en dehors de la cellule, m'a menotté puis mis à genoux. Il m'a plongé la tête, à plusieurs reprises, dans un seau d'urine et d'excréments pendant 30 minutes."

Les cas de 20 prisonniers, sur les 36 que contient le rapport, concernent des personnes maintenues à l'isolement, de façon prolongée, dans les prisons du complexe pénitentiaire de Tora. Le placement à l'isolement est encadré par les règles Nelson Mandela1

Il doit être utilisé en dernier ressort et ne doit pas excéder 15 jours consécutifs. Certains prisonniers égyptiens y sont restés quatre ans. L'organisation déclare que dans sept cas, les prisonniers ont été soumis à des actes de torture.


  1. Les règles Nelson Mandela sont aussi désignées comme l'ensemble de règles minima des Nations-unies pour le traitement des détenus. 

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