mapjpg_noir.jpg

Togo : des manifestants brutalisés dans des cellules de garde à vue

- Mis à jour le 27 novembre 2017

Le Collectif des Associations Contre l'Impunité au Togo (CACIT) dénonce les brutalités policières et mauvais traitements dont sont victimes des manifestants.

Le 6 septembre, Amnesty International comptait 100 000 manifestants dans les rues de Lomé, la capitale. Ils demandent, depuis plus d’un mois, la révision de la Constitution et le départ du président Faure Gnassingbé. Celui-ci a succédé à son père en 2005 suite à un coup d’Etat militaire.

Ghislain Nyaku, directeur exécutif du CACIT, rapporte que les manifestants appréhendés sont victimes de brutalités policières lors de leur arrestation puis au cours de la garde à vue. Pendant celle-ci, ils n’ont pas accès à un avocat. "Les autorités se servent de la négation de ce droit comme d’une "punition" ". M. Nyaku cite le cas de six manifestants, aujourd'hui relâchés, ayant subi en garde à vue des traitements pouvant être assimilés à de la torture. "En prison, il n’y a pas eu de cas de torture d’après ce que nous savons. Pendant la garde à vue en revanche, les personnes arrêtées sont "punies" pour leur participation aux manifestations. Elles ont, par exemple, été battues ou traînées par terre".

Les manifestants maintenus en détention sont confrontés à la surpopulation des prisons togolaises et aux mêmes conditions sanitaires que les autres prisonniers. Ils ne reçoivent qu'un seul repas par jour. Certains des manifestants sont, en plus, privés de leur droit de visite car "les autorités ne voulaient pas que ces personnes puissent rencontrer des acteurs de la société civile alors que d’autres manifestations étaient prévues". Cela a notamment été le cas pour secrétaire général du Parti National Panafricain, le docteur Kossi Sama, l'un des leaders de l'opposition. Des mineurs sont également arrêtés dans le cadre des rassemblements puis victimes de mauvais traitements en garde à vue. Deux d’entre eux n’ont pas encore été relâchés.

Pour la période du 19 août au 31 octobre 2017 le CACIT fait état de quatorze morts, dont douze d'entre eux étaient des manifestants et 236 blessés. Près de quatre cent personnes ont été arrêtés. Certaines sont victimes de tortures. L'accès aux communications a été coupé et les manifestations pacifiques sont interdites en semaine. Autant de mesures en violation totale des normes juridiques internes et externes.

Le CACIT

Collectif des associations contre l'impunité au Togo

Le CACIT est un réseau d’organisations qui promeut et sensibilise aux droits de l’homme. Il assiste les victimes de mauvais traitements et effectue un monitoring des prisons togolaises. Le CACIT aide également à la réinsertion des prisonniers par le biais de diverses formations.

À nos côtés

Don mensuel

Agir
Contribuer
Diffuser
Développer
mockups_devices_fr.png