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France : bilan un an après l’ouverture des Baumettes 2, une prison "low cost" déjà dégradée

Source – OIP-section française

Dégradation avancée, surpopulation chronique… Un an après son ouverture, la prison des Baumettes 2, censée apporter modernité et confort aux personnes détenues et à son personnel, semble pourtant suivre le chemin de toutes les prisons. Celui qui mène à des conditions de détention indignes, inhumaines et dégradantes. Dans les anciens bâtiments des "Baumettes historiques", des détenus continuent d’être entassés dans des locaux dignes du XIXe siècle. Leur sentiment d’abandon, qui n’a cessé de s’amplifier, est exacerbé par les brimades qu’ils disent subir de la part d’un agent pénitentiaire.

Aux Baumettes 2 : surpopulation chronique et prison low-cost

Il y a tout juste un an, plus de 700 personnes détenues quittaient les cellules vétustes des Baumettes "historiques" pour prendre place au sein des nouveaux bâtiments du centre pénitentiaire de Marseille : les Baumettes 2. Flambants neufs, ces derniers avaient pour objectif d’accueillir 573 détenus dans "un établissement digne du XXIe siècle" affirmait Christelle Rotach, l’ancienne directrice.
Problème : le pari de l’encellulement individuel n’a jamais été tenu, et la situation n’a cessé de s’aggraver. Le 27 avril dernier, ils étaient 795 hommes et femmes à s’entasser dans les nouveaux bâtiments, soit un taux de surpopulation de près de 138%, qui atteint 154% chez les hommes. A cette surpopulation, est venue s’ajouter une dégradation rapide de l’établissement. Due, selon des personnes interrogées par l’OIP, à des malfaçons ainsi qu’à l’utilisation de matériaux inadaptés ou de mauvaise qualité.

Le principal défaut architectural semble lié à des infiltrations d’eau qui ont déjà créé de nombreux dégâts. Les jours de forte pluie, l’eau pénètre par certaines fenêtres et s’infiltre dans les toitures. Des tâches d’humidité apparaissent sur les plafonds, de l’eau ruisselle sur certains murs, certaines pièces ont été inondées. Des bassines sont disposées çà et là, dans certains bureaux, à l’unité sanitaire, aux parloirs. "Dans un bureau du greffe, un carré de faux-plafond a même cédé sous le poids de l’eau qui s’y accumulait" raconte un employé. Ce n’est pas le pire. Le 12 avril, au lendemain de gros orages, le système électrique de la prison a défailli, ce qui a eu pour conséquence d’empêcher le fonctionnement de toutes les portes de la prison. "Chaque fois qu’il y a un orage, on se demande ce qu’il va encore se passer", s’inquiète cet employé.

Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Les problèmes d’eau chaude dans les cellules semblent être récurrents. L’hiver dernier, des détenus se seraient vus privés d’eau chaude pendant plusieurs semaines. D’après un agent pénitentiaire la chaudière ne serait pas adaptée à l’infrastructure. D’autres dénoncent l’emploi de matériaux "premiers prix" pour la construction de l’établissement. Dans le gymnase flambant neuf, un mur situé derrière un but de foot est éventré. Un agent pénitentiaire explique qu’il serait en Placoplatre, et donc inadapté à ce genre de pratique sportive.

Les laissés pour compte des Baumettes historiques

Au 27 avril, ils étaient encore 365 détenus condamnés à être incarcérés dans les anciens bâtiments, pour 287 places opérationnelles. Et à rencontrer les mêmes difficultés déjà pointées par l’OIP il y a près d’un an.

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