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Royaume-Uni : des prisons testent la reconnaissance faciale et oculaire

Pendant six semaines, en décembre et janvier dernier, les visiteurs de trois prisons du Yorkshire, au Royaume-Uni, ont été forcés de faire analyser leurs visage, yeux ou papiers d’identité à l’entrée. L’objectif : lutter contre les trafics de drogue et autres objets de contrebande.

En 2018, le personnel des prisons britanniques a confisqué plus de 23 000 paquets de drogue et téléphones mobiles. Selon le ministère de la Justice anglais, il n’est pas rare que les visiteurs nourrissent les trafics dans les pénitenciers. Pour y remédier, trois prisons situées dans le Yorkshire ont scanné les visages, les iris ou les papiers des personnes souhaitant rendre visite à un détenu.

La biométrie contre le trafic illicite

Durant une période-test de six semaines en décembre et en janvier, ces techniques de biométrie ont permis de vérifier si certains utilisaient de faux papiers, ou s’ils allaient régulièrement voir certains prisonniers. En tout, 770 individus auraient été soumis au crible de la reconnaissance faciale. Certains visiteurs, précise la BBC, seraient revenus sur leurs pas en apprenant la mise en place de ces technologies.

Le ministère considère ce test comme un « succès », et envisage de le déployer dans d’autres prisons britanniques. “Les nouvelles technologies sont vitales dans notre lutte contre les gangs qui tentent de semer le chaos dans les prisons”, a justifié le secrétaire d’État à la Justice, David Gauke. “Cela va nous aider à faire des prisons de lieux de réhabilitation où les délinquants peuvent reprendre leur vie en main.”

Au Royaume-Uni, les prisons peinent à endiguer la prolifération d’une puissante drogue de synthèse appelée Spice, qui provoque des comportements violents, ainsi que des téléphones mobiles illégaux, qui servent parfois à organiser le trafic de substances illicites.

Les systèmes biométriques pourraient ainsi, selon le secrétaire d’État, rendre les prisons plus sûres, en renforçant le contrôle sur les individus qui y circulent.

Laboratoires dystopiques

L’argument n’a pas convaincu tout le monde. Big Brother Watch, une organisation britannique qui milite pour les libertés civiles et la vie privée, a accusé le gouvernement d’avoir adopté une “approche expérimentale des droits humains”. “Le gouvernement cherche à obtenir l’assentiment du public pour l’utilisation de caméras de reconnaissance faciale dans les prisons, où les droits sont plus limités. C’est une première étape avant d’en faire un outil de surveillance dans l’espace public”, a dénoncé Griff Ferris, un conseiller juridique de l’organisation, auprès du magazine The Independent.

Cela fait déjà plusieurs mois que les forces de l’ordre expérimentent ces technologies en Grande-Bretagne. En décembre, la police londonienne a testé les outils de reconnaissance faciale sur les passants pendant deux jours, afin d’y repérer d’éventuels criminels listés.

En Espagne, des mesures autrement plus radicales sont en cours d’expérimentation pour tenter d’endiguer la violence dans les prisons, relaie le New Scientist.

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