Interview

Prisonniers basques : entre deux eaux

Près de 10 ans après les débuts du processus de paix, les prisonniers basques demeurent soumis aux mêmes conditions de détention.

Ils sont 233 à être dispersés dans des prisons en France et en Espagne. Les prisonniers basques ont été incarcérés à la suite d’infractions commises dans le cadre de la lutte politique armée de l’ETA1 visant la création d’un État basque indépendant. Ils purgent pour la plupart des longues peines, certains depuis plus de 30 ans. Leurs proches appellent à leur rapprochement dans le Pays basque où seuls trois sont actuellement incarcérés. Le maintien des liens familiaux est soumis à l’épreuve des kilomètres, jusqu’à 1000 pour ceux détenus à Algeciras (Sud de l’Espagne) ou à Rennes (France). Il en résulte des trajets longs et coûteux ainsi que des accidents de la route, au nombre de 400 durant les 30 dernières années. Le bilan des victimes de l’ETA s’élève à plus de 800 personnes tuées, des centaines mutilées ainsi que plusieurs enlèvements. L’organisation poursuit, entre 2010 et 2018, un processus de paix et un désarmement total avant d’être officiellement dissoute.

Gabriel Mouesca a été chargé de mission au sein de Harrera, une structure d’aide “au retour” des prisonniers politiques basques et des réfugiés, dans le cadre de ce processus de paix. Il a effectué 17 années de prison et a présidé, de 2004 à 2009, la section française de l’Observatoire international des prisons. Depuis deux ans, il est directeur de la Ferme Emmaüs Baudonne (à Tarnos dans les Kandes), qui va accueillir des femmes basques détenues pour préparer leur réinsertion à leur sortie de prison. Il répond aux questions de Prison Insider.


  1. Euskadi ta Askatasuna (sigle ETA pour “pays basque et liberté”

Ils souffrent d’isolement. Ils sont dans les quartiers les plus durs du système pénitentiaire espagnol, ceux qu’on appelait les quartiers de haute sécurité en France.

La France est entrée dans une logique où les faiseurs de paix sont sanctionnés.

Il ne faut pas oublier qu’on parle de vies humaines. Il s’agit de personnes âgées pour lesquelles la question de la mort se pose

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