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Kirghizistan : Azimjan Askarov, défenseur des droits humains, meurt en prison

Incarcéré au Kirghizistan, le défenseur des droits humains Azimjan Askarov est mort en prison, a annoncé samedi 25 juillet son avocat. Défenseur des droits humains et notamment de ceux de la minorité ouzbèke du pays, pourfendeur de la torture, il avait été condamné à la prison à vie. Azimjan Askarov est mort à 69 ans après dix ans d’enfermement.

Il savait qu’il était en train de mourir, a déclaré l’avocat d’Azimjan Askarov à l’Agence France-Presse. Affaibli, souffrant de problèmes cardiaques, l’homme était devenu incapable de marcher.

Il y a quelques années, le comité des droits de l’homme de l’ONU avait reconnu qu’Azimjan Askarov avait été torturé et que sa détention était arbitraire. Mais rien n’a infléchi les tribunaux kirghizes. Tous les recours et pourvois ont été rejetés, le dernier au mois de mai par la Cour suprême.

Tensions avec les États-Unis

La justice reprochait à Azimjan Askarov d’être impliqué dans le meurtre d’un policier commis lors de pogroms contre la minorité ouzbèke. Des accusations fallacieuses, selon les observateurs des droits humains, qui en 2010 ont valu à Azimjan Askarov une condamnation à perpétuité.

Peintre, puis journaliste, Azimjan Askarov avait fondé l’association Vozduh, un observatoire de la situation des prisons kirghizes. Et il avait rapporté les violences de la police dans les troubles politico-ethniques de 2010.

Son cas avait suscité des tensions avec les États-Unis. En 2015, le Kirghizistan avait rompu un accord de coopération avec Washington alors que le militant venait de recevoir un prix prestigieux dans la capitale américaine.

Considéré en Occident comme le pays le plus démocratique d’Asie centrale, le Kirghizistan était alors et demeure dans une moindre mesure, en proie à des tensions entre nord et sud du pays.

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