Interview

Derrière les barreaux : un sort incertain

Un rapport révèle que dans le monde entier, des millions de personnes sont placées en détention provisoire dans l’attente de leur jugement. Leurs conditions de détention sont souvent pires que celles des prisonniers condamnés.

La détention provisoire est censée être exceptionnelle et utilisée en dernier recours. Cependant, au moins trois millions de prisonniers dans le monde1 sont en détention provisoire, soit environ un quart de la population carcérale totale. Et ce nombre ne cesse de croître. Certains prévenus restent dans l’attente plusieurs mois voire plusieurs années.

Catherine Heard dirige le programme mondial de recherche sur les prisons à l’Institute for Crime & Justice Policy Research (ICPR), Birkbeck, Université de Londres2, qui a récemment publié sa 4e édition des chiffres officiels sur les prisonniers en détention provisoire. Un autre rapport qualitatif, rédigé en collaboration avec Helen Fair, traite du recours excessif à la détention provisoire dans dix pays. Prison Insider lui pose trois questions.


  1. Le total est susceptible de dépasser les trois millions, si l’on prend en compte les chiffres cachés ou omis des registres officiels dans neuf pays. 

  2. L’ICPR héberge et met à jour la base de données World Prison Brief des chiffres de l’emprisonnement au niveau mondial. Elle publie également des études qualitatives pour examiner de plus près les détails qui ressortent de ces données numériques. 

Nous savons que les conditions de la détention provisoire sont souvent pires que celles que connaissent les détenus condamnés.

Dans les Amériques, la population totale en détention provisoire a augmenté de 60 %. Depuis 2000, les chiffres ont plus que doublé au Brésil, au Paraguay, au Salvador et au Venezuela.

Les détenus condamnés et en attente de jugement sont confrontés à des risques accrus de contamination lorsque les prisons sont surpeuplées.

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