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Cameroun : "J’ai vécu l’enfer en prison, mais je continuerai à me battre pour mes frères anglophones"

Mofor Ndong marche lentement, sans cesser de lancer des regards apeurés autour de lui. “Je ne suis pas en sécurité. Je sais que je suis surveillé”, murmure-t-il. Devant la clinique Broad Green de Bamenda, pourtant, personne ne semble lui prêter attention. “Vous ne les verrez pas, poursuit-il. Mais ce gouvernement nous traque. Il ne veut pas lâcher les anglophones.”

C’était quatre jours après sa sortie de prison. Mofor Ndong, 31 ans, journaliste et directeur du journal Voice of voiceless (“la voix des sans-voix”), récupérait les résultats de ses tests médicaux : VIH, tuberculose, hépatite… “La prison est un monde très mauvais où règnent toutes les maladies de la terre. Rien n’est contrôlé. J’y ai passé deux cent trois jours et je ne le souhaite à personne, même pas à mon pire ennemi si j’en ai un. Mais je continuerai à me battre pour mes frères et sœurs anglophones”, lâche-t-il, avant de s’interrompre à l’approche d’un homme en blouse blanche.

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