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Belgique : la prison de Mons, photographiée par des détenus et exposée sur les murs d'enceinte

A partir de ce mercredi, ceux qui passeront devant les murs de la prison de Mons découvriront une série de photos noir et blanc, collées à même les briques.

Ces images, elles proviennent d’un atelier photo organisé par la Fondation Mons 2025 à l’intérieur même de l’établissement pénitentiaire. 7 séances pour 7 détenus : 3 femmes et 4 hommes qui se sont initiés à l’art de la photographie et ont capté des images de leur quotidien. Pour les accompagner, une photographe professionnelle, Mara De Sario. Elle reste très marquée par cette première expérience en prison et par les rencontres avec ces hommes et ces femmes :“j’ai passé des moments extraordinaires, je me suis amusée, j’ai appris beaucoup. Ils et elles m’ont appris beaucoup. Tous.”.

La photographe est également impressionnée par la rapidité avec laquelle les participants à l’atelier se sont approprié la photo comme moyen d’expression : “il y en a quelques-uns qui n’avaient jamais pris la peine de penser à faire de la photo et qui ont été très surprenants au niveau des ambiances, des lumières, de ce qu’ils voulaient montrer”.

“Partout il y a du beau, il suffit de le voir”

Et les participants à cet atelier, comment ont-ils vécu cette expérience artistique et qu’en retiennent-ils ? Dans une pièce exiguë du parloir de la prison de Mons, nous rencontrons trois d’entre eux. C’est Jean (prénom d’emprunt) qui entre le premier. La photo ? Il en avait fait autrefois mais il y a longtemps, avant le début de sa détention. “Il n’avait pas oublié – nous dit Mara De Sario – il a aidé tout le monde avec les réglages et la technique”. Ce qu’il voulait photographier ? “Les autres” répond Jean sans hésitation. Une recherche esthétique aussi et la volonté de rester positif : “partout il y a du beau, il suffit de le voir”.

Farid, lui, reconnaît que cet atelier lui permettait surtout de sortir de sa cellule et de rencontrer d’autres personnes. “La première fois, je me suis assis, je ne savais même pas si j’allais revenir une deuxième fois. Je regardais, je m’ennuyais un petit peu et je me disais : qu’est-ce qui m’a pris de venir ici. Et puis on se prend au jeu, on attend le jour de l’atelier avec impatience et puis c’est fini, c’est la dernière fois. Mais j’espère qu’on pourra se revoir parce que j’ai vraiment aimé cet atelier. On est tous ensemble, on oublie la détention, on oublie où on est, on rigole, on est des personnes normales”.

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