[Nouvelles dates] Dix-neuf ans de rien…Et à la sortie, rien non plus…

C’est étrange, ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps

Une longue peine

Spectacle créé par La compagnie des hommes en mars 2016    
   
Ils sont restés enfermés pendant de nombreuses années. Ils ont vécu dans un autre monde, une autre société, avec d’autres règles. Comment peut-on parler ensuite de ce voyage souvent honteux, souvent tu ?      

Ceux que l’on nomme les "longues peines" peuvent nous faire part de cette étrange parenthèse avec leurs mots, leur poésie, leurs émotions. Une longue peine, comment ça se raconte ? C’est étrange, ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps.    

Il y a ceux qui sont sortis mais il y a aussi ceux qui ont attendu dehors. Les compagnes, les enfants qui racontent leur enfermement à eux. Comment tous ont été emportés par cet abime de la disparition, du passage à l’ombre.   

Sortir du silence, donner à entendre, ouvrir des portes, des espaces d’échanges et de réflexion.      

Le théâtre est le lieu de la parole. De toutes les paroles. Le théâtre est le lieu du partage. Partageons avec eux. Leur présence sur le plateau, leurs paroles qui résonnent vers les cintres, leur dignité qui illumine le public. Regardons-les en face. Regardons-nous.   

Didier Ruiz

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Galerie
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Légendes
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©Emilia Stéfani-Law — ©Emilia Stéfani-Law
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Légendes
©Emilia Stéfani-Law
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À retrouver dans
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Mise en scène : Didier Ruiz
Assistante : Mina de Suremain
Lumière : Maurice Fouilhé   
Son : Adrien Cordier    
Images : Adrien Cordier et Alain Pera   
   
Avec André Boiron, Annette Foëx, Eric Jayat, Alain Pera, Louis Perego    
Toutes les photos sont de Emilia Stéfani-Law


PROCHAINES DATES

  • 17 novembre 2016 à 20h30
    Fontenay en Scènes Fontenay-sous-Bois (94)

  • 1er décembre 2017 à 14h30 et 20h30
    Théâtre de Chevilly-Larue (94)

  • 18 janvier 2018 à 19h30
    La Renaissance Mondeville (14)

  • 23 janvier 2018 à 20h
    Théâtre de l'Agora scène nationale Evry (91)

  • 26 janvier 2018 à 20h30
    Théâtre Romain Rolland Villejuif (94)

  • 30 janvier 2018 à 20h30
    Espace Jéliote Oloron Sainte Marie (64)

  • 9 février 2018 à 19h et 10 février 2018 à 20h
    Sortie Ouest Béziers (34)

  • 15 février 2018 à 14h et 20h30
    Salle Pablo Picasso La Norville (91)

  • 13, 14, 15 mars 2018 à 20h, 16 mars 2018 à 20h30, 17 mars 2018 à 19h
    Le Grand T théâtre de Loire-Atlantique Nantes (44)

Instantanés

Je n’ai jamais caché mon appréhension avant. Appréhension avant de commencer une nouvelle création, sensation bien connue de cette grande feuille blanche qui terrorise, paralyse, qui hante les nuits et les rend terriblement courtes. Appréhension aussi de rencontrer ces hommes. Qu’aurions-nous en commun ? Comment nous accepter, venant d’univers si différents ? Une vision du monde, une langue, tout pouvait nous séparer. Comment me situer auprès de ces lascars sans foi ni loi, moi, malingre homme de théâtre, qui n’ai que du vent et des rêves dans ma besace ?   
   
Et la rencontre s’est faite. Sans efforts. Sans douleur. Sans artifice. Sans séduction. Ne rien se prouver. Nous avons tous joué carte sur table, sans masque et artifice. Et les mondes qui nous éloignaient se sont rapprochés. Et les peurs se sont dissipées. Et les sourires sont apparus. Et les rires. Et puis nous avions des rendez-vous. Au plateau, à table, à l’apéro. Des rituels. Des repères. Et le plaisir à chaque étape…    
  

Rarement les choses ont été aussi simples, les gens surtout. Les appréhensions du début ont vite disparu comme une brume matinale devant l’arrivée des premiers rayons du soleil.   
   
Nous avons travaillé, peu. Trois semaines. Rien, une blague.   
Je me souviens du jour où j’ai compris que je n’avais rien à leur apprendre sur la présence. C’était à Lyon, sur le plateau chaleureux des Subsistances. Ils étaient là, sur le plateau, d’un seul coup et n’entendaient pas changer de place.   

Je me souviens du jour, c’était le dernier de la semaine, où j’ai su comment les choses se passeraient au plateau. Une évidence. Le souci, c’est quand elle tarde un peu à arriver…   

   

Et puis il y a eu la table. Aussi importante que le reste voire plus.

   
A Lyon, nous mangions une excellente cuisine mitonnée par un restaurant voisin. Tout était délicieux et nous mangions avec un appétit d’ogre. C’était les premiers jours, nous étions dans l’enthousiasme de la découverte et de l’éveil.   

En Camargue, deuxième semaine de répétition. C’est Paulette qui venait tous les jours avec ses gamelles. Elle nous a concocté de savoureux petits plats mijotés avec amour. Produits du marché, desserts amoureux et surprises du jour. Un rapport à la bouche sensible. Après les mots dits, les mets doux. Une bouche qui donne et qui reçoit. Nous étions, je crois, dans un moment d’équilibre, d’apaisement. Moins de quantité, plus de plaisir au moment.   
   
A Marseille, dernière ligne droite. Repas du soir pris ensemble au théâtre. Salle triste avec un éclairage triste. Diner exotique préparé par un restaurant associatif qui nous a régalé de plats kurdes, berbères et autres… Nous mangions avec plaisir mais le compte à rebours avait commencé et nous avions un rendez-vous. Une austérité paisible, une concentration tranquille.   

Les repas racontent. L’assiette donne à entendre. 
   

Témoignage de Didier Ruiz, pour Prison Insider   

Paris, le 7 juin 2016

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