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Venezuela : au moins 47 morts après une mutinerie

Selon la députée Maria Beatriz Martinez, les détenus se sont soulevés "parce qu’ils n’avaient pas accès à la nourriture ".

Au moins quarante-sept détenus sont morts au cours d’une mutinerie survenue dans une prison de l’ouest du Venezuela. “Pour l’instant, nous avons pu confirmer 47 morts et 75 blessés”, a déclaré samedi 2 mai à l’Agence France-Presse (AFP) Maria Beatriz Martinez, députée de l’Etat de Portuguesa où se trouve la prison qui a été le théâtre de la mutinerie vendredi après-midi.

L’ONG de défense des droits des prisonniers Observatoire vénézuélien des prisons a donné les mêmes chiffres, qualifiant ce bilan de “massacre”. Selon ces deux sources, toutes les personnes décédées étaient des détenus du centre pénitentiaire Los Llanos situé à Guanare, le chef-lieu de Portuguesa.

Samedi, les autorités vénézuéliennes n’avaient pas avancé de bilan chiffré. Un précédent bilan consigné dans un rapport de l’armée faisait état de dix-sept morts et neuf blessés, vendredi soir.

Soulèvement d’un groupe de prisonniers

Selon ce document, auquel l’AFP a eu accès, “des troubles à l’ordre public” ont eu lieu dans la prison vendredi, quand des détenus ont brisé “les grillages de sécurité délimitant le périmètre” à l’extérieur de l’établissement, “dans une tentative d’évasion massive”. Le directeur de la prison a lui-même été blessé.

Mais d’après la députée Maria Beatriz Martinez, “il n’y a pas eu de tentative d’évasion. Il y a eu un soulèvement d’un groupe de prisonniers qui protestaient parce qu’ils n’avaient pas accès à la nourriture”. Et, selon l’Observatoire vénézuélien des prisons, les gardiens ont ouvert le feu à la suite de ce soulèvement.

En raison de la pandémie de coronavirus qui sévit aussi au Venezuela, les visites des familles et proches aux détenus ont été drastiquement réduites. Or, les détenus reçoivent souvent de la nourriture et des médicaments grâce à ces visites. “Ce qui se passe en ce moment, c’est à cause des gardiens. Ils ne transmettent pas [aux prisonniers] la nourriture” apportée par leur famille, a expliqué à l’AFPTV Yessica Jimenez, dont un proche est détenu à Los Llanos.

Le nouveau bilan de la mutinerie a pu s’établir “à travers la morgue, grâce aux proches qui ont reconnu les morts sur les photos qu’on leur a montrées sur ordinateur”, a rapporté Carolina Giron de l’Observatoire vénézuélien des prisons. Les proches “n’ont pas accès à l’hôpital”, a-t-elle ajouté.

Aucun cas de coronavirus enregistré dans les prisons, selon les autorités

Selon cet Observatoire, quelque 97 détenus sont morts derrière les barreaux l’an dernier au Venezuela, dont 70 % en raison de maladies comme la tuberculose, faute de médicaments et de soins.

Selon une autre organisation de défense des détenus, Una Ventana a la libertad (Une fenêtre sur la liberté), quelque 192 personnes sont mortes l’an dernier dans des cellules de commissariats de police, faute de place dans les prisons. Dans les centres de détention préventive, la surpopulation peut atteindre 500 %, selon Una Ventana a la libertad.

Les autorités vénézuéliennes affirment qu’aucun cas de coronavirus n’a été enregistré dans les prisons du pays.

Le Venezuela a officiellement recensé 345 cas de Covid-19 et dix décès liés à la maladie. Des chiffres que le chef de file de l’opposition Juan Guaido réfute, accusant le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro de “mentir de manière effrontée”.

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