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Antonin Bernanos

Ce texte a été rédigé par Antonin Bernanos pour la journée de soutien aux inculpé.e.s du mouvement social, à laquelle Prison Insider était convié et a pris la parole. Nous en reproduisons ici un extrait. L’intégralité est à lire ici.

La colère gronde dans le cœur de celles et ceux qui sont enfermés, et la fatalité qui s’abat sur ces derniers, pour qui, les aller-retour en prison sont devenus la norme, qui savent qu’une incarcération en annonce bien souvent une autre

Aujourd’hui, ce jeudi 2 mars 2017, cela fait neuf mois jour pour jour que je suis en détention provisoire à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis.

Chaque jour nous voyons arriver des dizaines d’hommes qui viennent rejoindre les rangs de ceux qui pourrissent ici depuis des mois, des années, entassés les uns sur les autres, jetés sur des matelas à même le sol, à deux ou trois dans des cellules individuelles de 8m².

Nous attendons ainsi nos deux heures de promenade quotidienne, passant 22 heures sur 24 séquestrés dans nos cellules, à se battre contre l’ennui et l’état de léthargie imposés par des heures de télévision et une position allongée quasi permanente.

Alors il faut lire, dialoguer, faire du sport et rester actif pour ne pas être broyé par la meule.

Pour les plus chanceux d’entre nous, ceux qui ne sont pas isolés et qui bénéficient du soutien de leurs proches, nous profitons des parloirs jusqu’à trois fois par semaine, pour 45 minutes, ce qui nous permet de garder la tête hors de l’eau et d’entretenir des contacts réguliers avec l’extérieur. On sort enfin plus régulièrement de sa cellule aux termes de plusieurs longs mois inscrit sur une liste d’attente "à rallonge", avec le travail, le sport ou l’accès à l’école. Quelques heures de répit arrachées à sa cellule, éparpillées sur l’ensemble de la semaine…

Lire l'intégralité de la lettre ici.

Éléments de contexte


Le 18 mai 2016, à Paris, en marge d’une manifestation contre les violences policières, une voiture de police est incendiée avec deux agents à l’intérieur qui seront légèrement blessés. Quatre jeunes gens, dont Antonin Bernanos, 21 ans et son frère cadet Angel, 18 ans, tout deux étudiants, sont arrêtés. S’ils reconnaissent leur présence sur les lieux, ils contestent fermement avoir pris part aux violences. Suite à leurs gardes à vue, ils sont envoyés à la maison d’arrêt de Villepinte pour l’un, à Fleury-Mérogis pour l’autre. Angel sera incarcéré 42 jours. Antonin est, depuis 9 mois, toujours enfermé, en attente de son procès.


Sommaire

Lire le témoignage d'Antonin BernanosL'arrestation
Murs à part n°1
Lire le premier volet du témoignage de Geneviève BernanosL'annonce de la prison
Murs à part n°2
Lire le témoignage d'Yves BernanosAvant Fleury
Murs à part n°3
Lire le deuxième volet du témoignage de Geneviève BernanosLa prison
Murs à part n°4
Lire le troisième volet du témoignage de Geneviève BernanosL'arrivée à la prison
Murs à part n°5
Lire le témoignage de ChristineLa prison, avant, c'était...
Murs à part n°6
Lire le deuxième volet du témoignage d'Antonin BernanosDans la cage
Murs à part n°7
Lire le deuxième volet du témoignage de ChristineL'attente
Murs à part n°8
Lire le troisième volet du témoignage d'Antonin BernanosDans le fourgon
Murs à part n°9

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