L’OVP publie son rapport annuel de 2017, qui met en évidence l’effondrement du système pénitentiaire du pays.

– Publié le 10 juillet 2018

Surpopulation, pénuries alimentaires, présence d’armes et de drogue, tuberculose : l’Observatoire vénézuélien des prisons (OVP) publie son rapport annuel de 2017, qui témoigne de l’effondrement du système pénitentiaire dans l’ensemble du pays.

Le système pénitentiaire vénézuélien connaît de très nombreux problèmes : retards dans les procédures, surpopulation, bâtiments vétustes, non-classification des détenus ou encore absence des services les plus fondamentaux et les plus indispensables. Il pâtit également de la circulation d’armes et de drogue dans les prisons, deux facteurs qui influent sur le nombre alarmant d’incidents violents recensés chaque année. Dans ces circonstances, l’OVP n’hésite pas à pointer du doigt le principal responsable de cette situation, à savoir l’Etat vénézuélien, en affirmant que celui-ci n’a pas pris les mesures nécessaires pour y remédier.

Humberto Prado, directeur de l’Observatoire, s’en inquiète : "Le fonctionnement des prisons se trouve gravement perturbé par un ensemble de problèmes structurels. La ministre de l’Administration pénitentiaire préfère ignorer nos recommandations”.

La situation est particulièrement préoccupante dans certains établissements, tels que la maison d’arrêt de Lara, où cinq détenus sont morts de la tuberculose ou de malnutrition depuis le début de l’année 2018. Le rapport de l’OVP indique que les prisonniers malades partagent le même environnement que le reste des détenus, ce qui contribue à la propagation des épidémies. En raison de l’absence de soins médicaux, l’état de santé des détenus contaminés se dégrade rapidement.

— Violences

Les chiffres pour 2017 font état de 120 blessés et de 143 personnes décédées, dont 28 de malnutrition ou de la tuberculose.

Les violences carcérales sont monnaie courante dans les prisons vénézuéliennes.
L’OVP indique, dans son rapport, que les cas de violence ont augmenté de façon alarmante en 2015 : le nombre de blessés a augmenté de 300 % et le nombre de morts, de 31 %. 

Pour le directeur de l’OVP, "la violence carcérale est une conséquence directe du climat d’impunité qui règne dans ces établissements, car ces agissements font rarement l’objet d’une enquête et leurs auteurs ne sont presque jamais poursuivis".


Pour en savoir plus

  • Visualisez les photos prises par Carlos Hernandez lors de l’évacuation du pénitencier général du Venezuela.
  • Découvrez notre revue de presse sur le Venezuela.
  • Consultez notre fiche pays sur la situation carcérale au Venezuela.

Traduit par Maud Barré
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