Le bilan de l’année 2017 du CGLPL est sombre. Il pointe un manque de volonté politique pour changer la donne.

— Publié le 30 mai 2018.

Aggravation de la surpopulation, recours excessif aux moyens de contrainte et aux humiliations, hausse du nombre de mineurs incarcérés : le bilan de l’année 2017 du CGLPL est sombre. Il pointe un manque de volonté politique pour changer la donne.

L’institution française du Contrôle général des lieux de privation de liberté (CGLPL) visite, au cours de l’année 2017, 21 établissements pénitentiaires. La Contrôleure Adeline Hazan déplore, dans son rapport d’activité, une situation toujours critique. Des travaux d’améliorations sont effectués sur certains établissements, des activités sont mises en œuvre, conformément aux recommandations du CGLPL. Ces améliorations, marginales, ne pallient pas la vétusté structurelle des locaux.

Les faiblesses du système carcéral français sont connues de tous, et font l’objet d’un consensus au sommet de l’Etat

Aggravation de la surpopulation

Le nombre de places opérationnelles augmente, mais la surpopulation carcérale s’aggrave. En cause, le recours croissant à l’incarcération, qui voit le nombre de prisonniers passer de 66 678 à 69 307 1.
Parmi les hausses, celle du nombre de mineurs détenus inquiète. Les quartiers dédiés en région parisienne connaissaient, en avril 2017, un taux d’occupation de 104%. Les transferts pour désengorger ces établissements viennent mettre à mal le maintien des liens familiaux.
Les conséquences de la surpopulation sont pointées : violence, promiscuité, raréfaction des activités et du travail. L’ensemble des services est saturé.


Recommandations 

• Le rapport déplore la priorisation de la question sécuritaire. Il demande une facilitation de l’accès au droit.
• Il promeut l’humanisation des prisons, fondée sur la confiance et le respect de la dignité de toute personne humaine, ainsi qu’une meilleure prise en compte des ressources et besoins individuels des prisonniers.

Les observations du CGLPL se répètent depuis plusieurs années. Les faiblesses du système carcéral français sont connues de tous, et font l’objet d’un consensus au sommet de l’Etat. C’est, pour Adeline Hazan, la preuve d’un véritable problème de volonté politique, quand “nommer des commissions, commander des rapports [et] réunir des experts ne sert à rien".


  1. entre le 1er janvier 2016 et le 1er novembre 2017. Ils sont au nombre de 70 633 au 1er mai 2018.  


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