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Tunisie : Reportage : Jihed - 15 ans en détention depuis 369 jours

Source - Nawaat

Jihed Najlaoui, 15 ans, de Tajerouine, est détenu depuis le 4 février 2016 au centre de rééducation de Medjez el Bab. Il suivait une formation professionnelle au Kef pour devenir technicien en climatisation. Ses frères, Aymen, 17 ans, ouvrier et Ragheb, 21 ans, bachelier, sont en détention à la prison du Kef depuis la même date. Tous les trois sont les plus jeunes des 74 détenus de Tajerouine, accusés de vol d’un supermarché et de désobéissance civile suite à la vague de protestation consécutive à la mort de Ridha Yahyaoui à Kasserine. Les frères Najlaoui comparaissent aujourd’hui devant le Tribunal de première instance du Kef.

Nous sommes à Tajerouine, à 30 kilomètres des frontières algériennes. Sur l’avenue principale, dans une pizzeria, Jamila Najlaoui, 52 ans, mère de Jihed, Aymen et Ragheb, nous accueille. Elle travaille ici depuis l’arrestation de ses trois enfants pour 120 dinars par mois. " Le propriétaire nous a embauché, moi et Faten, la sœur d’un des détenus, pour nous aider à faire face aux charges des avocats et aux dépenses de la prison et des visites", explique Jamila. Ici, les gens manifestent une grande solidarité avec les détenus. Le 22 janvier 2016, des centaines de personnes sont sorties manifester contre le chômage, la pauvreté et l’absence de développement. Le jour même, le seul et unique supermarché du village est saccagé. "Tout le monde a fini par prendre quelques denrées pour ses enfants. Il n’y avait aucune sécurité pour empêcher les gens", témoigne Jamila.

Nous marchons vers la maison de Jamila. Sur la route, les gens nous interpellent pour témoigner et contester. "Au lieu de lancer des projets de développement, ils ont mis nos enfants en prison !" s’indigne un homme âgé. Jamila nous montre le magasin dépouillé il y a un an. " Le directeur du magasin a retiré sa plainte et, de leur côté, les habitants ont fait une collecte d’argent pour compenser les pertes ". Après les manifestations de l’hiver dernier, les habitants se sentent punis collectivement.

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