Année2016
Contributeur(s)Prison Insider à partir des documents de la LICADHO

L’intégrité physique

La peine de mort a été abolie en 1989.

Les décès en détention sont fréquents. L’état déplorable des structures de santé en prison ne permet pas leur réduction.

La LICADHO enregistre, de janvier à octobre 2014, 25 décès. Cinq personnes étaient en détention provisoire et quatre âgées de moins de 30 ans.

Les tentatives de suicides sont également fréquentes. La crainte d’une longue condamnation, les très difficiles conditions de détention et les mauvais traitements apparaissent comme des motifs de suicide, y compris pour des personnes sans problèmes psychiques antérieurs.

L’Organisation psychosociale transculturelle (TPO), intervenant en détention, estime rare la probabilité que ceux qui tentent de se suicider ou de s’automutiler reçoivent une aide ou une surveillance appropriée. Les tentatives de suicide sont parfois sanctionnées par une interdiction de visite.

La LICADHO rapporte des cas de violences et de torture de la part des autorités policières et pénitentiaires, ainsi que des cas de violence entre détenus. Les personnes souffrant de problèmes psychiques sont la cible d’abus. L’organisation n’a pas accès à tous les établissements. Il est probable que le nombre de cas soient sous estimés.

Les détenus rapportent à l’organisation être battus, giflés, recevoir des coups de pied ou de poing, avoir la tête frappée contre les murs. Il leur arrive souvent d’être en sang et de perdre connaissance. Ils décrivent être traînés au sol par les cheveux, forcés de se tenir sur une jambe pendant des périodes prolongées, avoir le corps et le visage écrasés par les surveillants, être aspergés d’eau bouillante et brûlés avec des cigarettes, être étouffés, asphyxiés avec des sacs plastiques, avoir les yeux bandés, avoir des objets enfoncés dans la bouche ou l’anus, être menacés de mort, d’étranglement, être contraints de se tenir assis, debout ou agenouillé plusieurs heures durant sans changer de position, y compris en plein soleil. Certains détenus racontent encore avoir le visage recouvert d’un sac plastique lorsqu’ils sont frappés.

Les objets utilisés lors d’un passage à tabac incluent des pistolets, bâtons, tiges de fer, matraques électriques, talkie-walkie, menottes, chaînes, cordes, câbles électriques, briques et ceintures, armes à électrochocs. Certains détenus rapportent être menacés de se voir arracher des ongles et d’être électrocuté dans le but de leur soutirer de l’argent ou des aveux.

Beaucoup affirment n’avoir reçu ni eau ni nourriture en détention provisoire.

Ceux qui ne parlent pas le khmer sont parfois contraints de signer de leur empreinte digitale des aveux qu’ils ne comprennent pas.

La LICADHO qualifie les conditions de détention, dans certains lieux, de traitements cruels, inhumains ou dégradants. Cela inclut le refus de traitement médical approprié.

Le code de procédure pénale cambodgien précise la durée maximale de la détention provisoire autorisée en fonction de la nature du délit et de l’âge de la personne qui commet l’infraction. De nombreux prisonniers sont, en réalité, détenus au-delà de la durée maximale autorisée. C’est le cas des détenus qui n’ont pas les moyens de payer un avocat ou de rémunérer les autorités pénitentiaires pour traiter leurs dossiers.

D’autres cas de détention illégale concernent les personnes détenues au-delà de la date prévue pour leur sortie. Les retards dans le traitement des autorisations de sortie ou la perte des dossiers en sont la cause.