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Auteur(s)Think Centre / Prison Insider

Les liens avec l’extérieur

Durant la première phase de la détention provisoire, les prisonniers ne peuvent pas recevoir de visite physique. Les contacts avec les proches se font par vidéoconférence. En cas de maintien en détention préventive, deux vidéoconférences et deux visites au parloir sont autorisées chaque semaine. Les condamnés ont droit à un appel vidéo et une visite au parloir chaque mois.

Les appels vidéo ont lieu, pour les visiteurs, dans des centres spécialisés situés au sein du complexe pénitentiaire ou dans des lieux dédiés en ville. Les visites durent trente minutes et sont autorisées uniquement du lundi au vendredi. Une vitre sépare les détenus de leurs proches ; aucun contact physique n'est autorisé.

Jusqu'à trois visiteurs peuvent participer à la même session de visite. Il s’agit généralement des membres de la famille. Les visiteurs sans liens familiaux doivent demander l'autorisation de l'administration pénitentiaire.

Pour visiter les détenus, les membres de la famille doivent obtenir une carte de visite. Une seule carte de visite est émise par détenu. Le titulaire de la carte doit accompagner les parents qui souhaitent effectuer une visite.

Les visites doivent être planifiées au bureau des visites. Les parents doivent prouver leur identité et justifier de leur relation avec le détenu.

Les parents qui visitent les prévenus sont autorisés à acheter une collation par visite au Visit Link Centre.

Les prisonniers peuvent recevoir une quantité illimitée de courrier mais ne peuvent écrire que deux lettres par mois. Toutes les lettres sont soumises à la censure et peuvent mettre plusieurs semaines à arriver à destination. Les prisonniers doivent demander un formulaire spécifique à un agent. Il est interdit aux prisonniers de raturer les lettres ou d’effacer un mot.

Les appels téléphoniques sont interdits. Les prisonniers ne sont autorisés à passer des appels téléphoniques que lorsqu'ils atteignent un certain stade de leur peine, et ils demeurent très limités.

Lorsque les prisonniers doivent transmettre un message à leurs proches, leur seule option est de demander à voir un surveillant.

La probation est essentiellement possible pour les mineurs. Les adultes ne sont assignés à résidence ou ne bénéficient de sursis que très rarement.

Une fois écoulés les deux tiers de leur peine d'emprisonnement, les prisonniers sont éligibles à la libération anticipée. La date de sortie peut être reculée comme mesure punitive, même pour une infraction mineure au règlement intérieur. Dans certains cas, les détenus peuvent purger la fin de la peine dans des programmes communautaires. S'ils sont considérés comme "à faible risque" et bénéficiant d'un bon soutien familial, ils peuvent être assignés à résidence. Ils peuvent également être transférés dans une "maison de transition" (Halfway care house), prison à sécurité minimale où les détenus peuvent travailler pendant la journée. Cette mesure peut durer jusqu'à une année.

Il est possible de demander une autorisation de sortie pour raisons familiales si un parent proche est gravement malade ou meurt.

Les détenus sont généralement rapidement inculpés. La majorité des personnes arrêtées est traduite en justice. Il existe un système de libération sous caution.

Une assistance juridique gratuite est accordée à ceux qui n'ont pas les ressources nécessaires pour assurer leur défense. Elle ne peut être accordée qu'aux accusés d’actes non-passibles de la peine de mort.

Les personnes accusées d'un crime capital ne peuvent bénéficier de l'aide juridique financée par l'État qu’après la fin de l’enquête ou lorsque celle-ci est quasiment achevée.

L'aide juridique en matière pénale, gérée par l’ordre des avocats, couvre d'autres infractions criminelles et est partiellement financée par le gouvernement.

Les personnes risquant une condamnation à mort et ne peuvant se faire représenter peuvent être assistées par un défenseur public.

Les personnes arrêtées au titre de l'ISA (Internal Security Act) ont le droit d'être assistées par un avocat.

Les ressortissants étrangers sans permis de séjour permanent ne peuvent obtenir une aide juridique gratuite que par le biais d'une représentation pro bono, par des avocats travaillant dans des cliniques juridiques, par exemple celle du Criminal Legal Aid Scheme. L’Administration of Justice (Protection) Act (loi sur l'administration de la justice)adoptée en août 2016, prévoit des peines pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement pour plusieurs formes d'outrage au tribunal. Il pénalise entre autres "l’outrage aux instances judiciaires" ("scandalizing the judiciary"). Cette infraction, qui remonte à l'époque coloniale, criminalise toute critique des décisions de justice. Les infracteurs encourent une amende de 100 000 dollars de Singapour (74 200 USD) et trois ans de prison. Les personnes soupçonnées d'outrage peuvent faire l'objet de perquisitions et d'arrestations sans mandat.

Singapour est signataire de très peu de traités internationaux relatifs aux droits humains. Elle n’est pas signataire de la Convention des Nations Unies contre la torture.