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Contributeur(s)Prison Insider

Le quotidien

Les prisons ne disposent pas de services médicaux adaptés. Elles proposent des soins limités et défaillants aux prisonniers malades. Le déficit d’accès aux soins est le principal sujet des plaintes reçues par le Défenseur du peuple, organisme officiel chargé du contrôle du respect des droits humains au Panama. 146 plaintes sont déposées, entre janvier et septembre 2015, rapporte le Département d’État des États-Unis dans un rapport sur l’année 2015.

Les maladies les plus courantes sont l’hypertension, le diabète, la dermatite, le VIH-sida et les maladies respiratoires. Les cellules ne disposent pas toutes d’eau potable et sont mal ventilées. Les prisons ne sont pas équipées pour réagir face aux cas graves. Le personnel médical compte 73 membres pour la totalité des 24 établissements pénitentiaires. Aucune prison ne possède d’ambulance. Les transports vers l’hôpital se font sans aucune assistance médicale durant le trajet.

Le Comité panaméen pour la défense des droits des citoyens (Copadedec) dénonce, dans un communiqué de novembre 2016, le grand nombre de décès dus au manque de soins1.

Alexis Sinclair, avocat conseiller à Copadedec, rapporte le cas de Marco Figuerroa. Cet homme est détenu depuis sept ans à Nueva Esperanza. Il souffre d’un cancer avancé et ne reçoit pas de traitement. Les médecins légistes, publics et privés, recommandent son transfert d’urgence dans un hôpital. L’ancien directeur de la Direction générale des prisons, Chan Mario Durán, reconnaît le cancer de Marco Figuerroa. Il refuse cependant son déplacement vers un hôpital, considérant que “sa maladie ne met pas sa vie en danger”.

Des proches de prisonniers malades manifestent, le 2 août 2016, devant la Cour suprême. Ils réclament la libération de leurs proches.


  1. ¿Están muriendo reos enfermos?” dans El Siglo, 15 novembre 2016 (en espagnol) 

La réforme du système pénitentiaire, débutée en 2010, est soutenue par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime et l’Union européenne. Cette collaboration permet le lancement d’une campagne de dons de livres nommée “Donate a book to jail”. 8 000 livres sont réceptionnés. Des bibliothèques ouvrent dans les prisons de Las Tablas, La Joyita et La Joya. Des salles d’informatiques sont également installées à Las Tablas, Bocas del Toro et à La Chorrera, avec le soutien de l’ONU. L’entretien physique et informatique est réalisé par les prisonniers.

L’article 28 de la Constitution indique que le système pénitentiaire se fonde en partie sur le principe de réinsertion. Il prévoit de former les détenus à des métiers en vue de leur réintégration dans la société.

Les personnes travaillant ou étudiant durant leur incarcération bénéficient d’une réduction de peine. Le système est celui du “two for one” : deux jours de travail ou d’étude donnent lieu un jour de réduction. Il n’est pas correctement appliqué, principalement en raison des difficultés à suivre le parcours des personnes détenues1. La mise en place, actuellement en cours, d’un fichier de recensement des prisonniers pourrait permettre une amélioration de ce suivi.


  1. Département d’État des États-unis, “Country report on human rights practices for 2015 - Panama” (en anglais)