Dernières mises à jour

Les mères sont autorisées garder leur enfant auprès d’elles

oui, jusqu’à trois ans

  • Un texte interdisant d’incarcérer les enfants lorsque leur mère est en prison va être présenté à la chambre des représentants. Le projet a été approuvé par la commission Justice (commissione Giustizia).

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    03/05/2022
    / Ansa It

Des politiques de prévention du suicide sont mises en œuvre

oui

Des plans nationaux et régionaux de prévention du suicide sont mis en œuvre. Ils favorisent la collecte de données aux échelles locale, régionale et nationale qui doivent permettre de détecter les tendances suicidaires. Les personnes détenues à risque reçoivent un soutien psychologique de professionnels et de bénévoles. Elles peuvent également bénéficier de parloirs ou d’appels téléphoniques supplémentaires. Le personnel pénitentiaire est tenu de rester vigilant afin de détecter les situations à risques.1

  • Un détenu tente de se suicider, mais l’alerte donnée par ses codétenus permet au personnel pénitentiaire d’intervenir à temps.

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    27/04/2022
    / Ansa It

Le CPT rapporte, en 2020, des violences et des mauvais traitements à l’égard des détenus dans les établissements visités. Les faits se produisent habituellement à l’abri des dispositifs de vidéosurveillance, dans les escaliers par exemple.1 Nombreuses allégations de violence, de torture, d’abus et de mauvais traitements ont donné lieu, en 2021, à des enquêtes, des procédures pénales et des mises en accusation contre des agents pénitentiaires. L’ONG Antigone se joint, à 18 de ces procédures pénales. Selon l’ONG, certains des faits sont liés à des réactions présumées violentes lors d’émeutes dans les prisons, entre mars et avril 2020, en raison de la peur générée par la pandémie et l’interdiction des visites des proches. Le procureur de la République demande, en décembre 2021, l’inculpation de 108 agents pénitentiaires pour les violences commises à l’encontre des détenus de la prison de Santa Maria Capua Vetere. Ces violences avaient éclaté, le 6 avril 2020, au lendemain d’une mutinerie. Les surveillants sont poursuivis pour crimes de torture, blessure, abus d’autorité, falsification d’un document public et complicité d’homicide involontaire d’un détenu.


  1. Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, “Rapport au gouvernement italien sur la visite du 12 au 22 mars 2019”, 2020, pp. 11-15 (en anglais) 

  • Vingt-deux agents pénitentiaires sont inculpés pour des allégations de torture sur des détenus dans une prison de Turin. L’ancien directeur de la prison en fait partie. Le procureur de Naples met également en examen 107 membres du personnel pénitentiaire pour des faits de violence sur des détenus en avril 2020. Les agents auraient effectué un raid punitif suite à une révolte des détenus. Les allégations mentionnent des faits de torture et d’abus de pouvoir.

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    20/04/2022
    / Ansa It
  • Le parquet de Modène poursuit quatre agents pénitentiaires pour actes de torture avec circonstances aggravantes commis lors de l’émeute du 8 mars 2020 à la prison de Sant’Anna. Neuf détenus étaient morts lors de ces événements. Les autorités n’excluent pas l’implication d’autres suspects.

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    16/02/2022
    / Ansa It

Les personnes détenues perçoivent un salaire pour le travail qu’elles effectuent

oui

  • Les détenues de plusieurs prisons fabriquent des sacs à partir de chutes de tissus. Ces sacs sont mis en vente dans plusieurs supermarchés de la région des Pouillles et de Calabre. Les recettes perçues contribuent à payer les salaires des détenues.

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    07/04/2022
    / Ansa It
  • Environ 22 % des détenus du pays participent à l’entretien et au fonctionnement des prisons sans être rémunérés. Les détenus doivent également payer leur détention, environ 120 euros par mois. Ils sortent généralement “sans compétences, sans argent et endettés”.

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    24/01/2022
    / Open Democracy free thinking for the world

Nombre de décès en détention

143

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Le centre documentaire Ristretti tient un registre actualisé en ligne du nombre de décès en détention.

  • Un détenu de 24 ans décède à la prison de La Spezia. Le décès semble être dû à l’inhalation de gaz.

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    13/04/2022
    / Ansa It

Les appels téléphoniques font l’objet d’écoute

oui

Le juge peut ordonner la mise sur écoute de toute personne détenue. Les appels téléphoniques des prisonniers AS ou 41-bis font l’objet d’écoute systématique.

  • Un inspecteur adjoint de la police pénitentiaire est suspendu de ses fonctions pour une durée de neuf mois. Il fait l’objet d’une enquête pour abus de pouvoir et interception, entrave ou interruption illégale de communications. Les faits à l’origine de cette enquête remontent au printemps 2021. L’inspecteur adjoint aurait intercepté des conversations verbales et téléphoniques en cellule à la prison de San Gimignano.

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    15/04/2022
    / Ansa It

La surpopulation se concentre dans certaines catégories d'établissements

oui

Certains établissements pénitentiaires (Côme, Tarente, Larino) ont des taux d’occupation proches de 200 %.

  • Un rapport statistique du ministère de la Justice fait état de la surpopulation au sein des prisons de Sardaigne. L’absence de directeur dans certaines prisons de l’île aggrave encore la situation.

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    05/04/2022
    / Ansa It

Une partie des aliments consommés est produite par l’établissement

dans quelques établissements

Seules les colonie penali (fermes pénales) produisent leur propre nourriture.

  • Un verger est inauguré au sein de la prison de Monza. Cette initiative crée des emplois pour les détenus. Ils s’occuperont d’une trentaine de pruniers dont les fruits seront consommés à la cantine de la prison.

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    06/05/2022
    / Ansa It

Les agences locales de santé (ASL) proposent des traitements de substitution à base de méthadone aux détenus toxicomanes. Des professionnels du service pour toxicomanes (SerT) visitent régulièrement les personnes détenues dépendantes et offrent des traitements pharmacologiques et psychosociaux ainsi que des thérapies de groupe. Les prisonniers recevant un traitement de substitution aux opioïdes sont, en 2014, au nombre de 1 647.1 Le CPT reconnait cette méthode comme un exemple dans le traitement des addictions.2
Les personnes dépendantes peuvent être placées en REMS si elles sont aussi atteintes d’un trouble psychique. Les SerT sont également en charge du suivi dans ces établissements.


  1. Organisation mondiale de la santé (OMS), Health in prisons: fact sheets for 38 European countries, 2019. (en anglais) 

  2. Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT), Rapport au gouvernement italien relatif à la visite effectuée du 12 au 22 mars 2019, 2020, p. 44. (en anglais) 

  • Un homme est arrêté après avoir rendu visite à son frère détenu à la prison de Via dei Tigli. Il est accusé de trafic de drogue. Il aurait transmis à son frère incarcéré un paquet de 40 comprimés de Subutex, un médicament utilisé notamment dans les traitements de substitution aux opioïdes.

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    26/03/2022
    / Ansa It

Les fonctions de sécurité sont dévolues à

l’administration pénitentiaire

  • Un référendum sur le transfert de tutelle de la police pénitentiaire du ministère de la Justice vers le ministère de l’Intérieur est lancé. Le Syndicat autonome de police pénitentiaire (Sappe) estime que la sécurité des prisons est une question d’ordre public et doit donc être garantie par le ministère de l’Intérieur.

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    25/03/2022
    / Ansa It

Le personnel pénitentiaire est représenté par un/des syndicat(s)

oui

Le personnel pénitentiaire dispose de plusieurs syndicats pour le représenter : le Syndicat autonome de la police pénitentiaire (Sindacato autonomo polizia penitenziaria, SAPPE) l’Organisation syndicale autonome de la police pénitentiaire (OSAPP, Syndicat de la police pénitentiaire (UILPA-PP) ou encore le Syndicat national autonome de la police pénitentiaire (SINAPPE).

  • Le Syndicat autonome de la police pénitentiaire (Sappe) manifeste devant la prison de Foggia. Ils dénoncent notamment le manque de personnel et la durée de leurs journées de travail.

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    25/03/2022
    / Ansa It

La présence d’infirmiers, d’un médecin généraliste et d’un psychiatre est obligatoire dans chaque prison. Le CPT constate la présence permanente d’un médecin dans l’ensemble des établissements pénitentiaires visités.1 Chaque établissement pénitentiaire dispose d’un service psychiatrique ou, au minimum, d’un psychiatre.2 Les personnels de santé mentale sont présents six jours par semaine dans les grands établissements. Ils ne sont présents que deux ou trois jours par semaine dans les établissements plus petits. Des spécialistes (cardiologues, dentistes, ophtalmologistes) peuvent effectuer des permanences ou venir ponctuellement en détention pour des consultations. Une personne détenue peut faire appel, à ses frais, à un médecin extérieur.3
D’importantes disparités existent d’une région à l’autre. Le CPT relève l’état alarmant des locaux de nombreuses infirmeries visitées en 2019.4


  1. Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT), Rapport au gouvernement italien relatif à la visite effectuée du 8 au 21 avril 2016, 2017, p. 35. (en anglais) 

  2. Vincent Delbos et al., “Annexes–Évaluation de la première tranche des UHSA en vue de la mise en place d’une seconde tranche”, 2018, p. 96. 

  3. Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT), Rapport au gouvernement italien sur la visite du 12 au 22 mars 2019, 2020, p. 40. (en anglais). 

  4. Ibid 

  • Un détenu Nigérian se blesse au pied avec un morceau de fer. Sa blessure s’aggrave pendant son séjour en prison. Il est transporté à l’hôpital de Catane et s’y fait amputer de la jambe. Il sort de détention et demande une prothèse pour reprendre une vie normale. La prothèse est fabriquée par un centre social, mais l’ancien détenu doit attendre que son dossier médical soit transmis par l’administration pénitentiaire pour l’obtenir.

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    23/03/2022
    / Ansa It
  • Le Garant national des droits des personnes détenues ou privées de liberté (Garante nazionale dei diritti delle persone detenute o private della libertà personale) annonce l’introduction de la télémédecine pour les détenus. Un essai est prévu dans la prison de Montacuto. Le Garant national signale le manque de personnel médical en prison, qui s’est accru avec la crise sanitaire. Il demande la mise en place de véhicules ambulances dans les prisons pour soigner les détenus sur place.

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    17/03/2022
    / Ansa It
  • Dans une lettre adressée, entre autres, au directeur général des ressources humaines et au procureur général de Campanie, le syndicat OSAPP fait état du nombre insuffisant de psychiatres à la prison de Santa Maria Capua Vetere.

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    03/02/2022
    / Ansa It

L’usage du téléphone portable est autorisé

non

Les téléphones portables ne sont pas autorisés en détention. Leur présence est cependant avérée.

  • Le Procureur de Milan ouvre une enquête sur un détenu qui aurait tourné une vidéo à l’aide d’un téléphone portable pendant son séjour à la prison San Vittore. Le jeune homme a annoncé sur sa page Instagram qu’il avait tourné une partie de son nouveau clip de rap au sein de la prison milanaise.

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    01/04/2022
    / Ansa It
  • Les agents pénitentiaires saisissent une trentaine de téléphones dans une prison de Naples dans le cadre d’une opération de lutte contre l’introduction de ces appareils en détention. Les syndicats de l’administration pénitentiaire souhaitent la mise en place de brouilleurs pour lutter contre l’usage des smartphones en prison.

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    19/03/2022
    / Ansa It

Près de 70 % des personnes détenues souffrent d’une ou plusieurs pathologies.
Les addictions aux drogues, les troubles psychiatriques, les maladies bucco-dentaires, respiratoires ou cardio-vasculaires et l’hépatite C sont parmi les pathologies les plus courantes.
La tuberculose et le VIH/Sida touchent également une part relativement importante de la population carcérale.
Les professionnels de santé soulignent régulièrement le caractère pathogène du milieu carcéral.1

  • Le nombre de détenus atteints de la Covid-19 double en dix jours pour atteindre 2 586 contaminations au 19 janvier. La plupart des cas sont asymptomatiques. Quatorze personnes sont hospitalisées. Environ 1 110 surveillants sont également contaminés. Ces chiffres se rapprochent du pic de contamination en 2020. La prison de Turin (173 cas) compte le nombre le plus élevé de contaminations. Les autorités pénitentiaires s’inquiètent du manque de mesures sanitaires contre l’épidémie. Le personnel pénitentiaire n’est pas soumis à l’obligation vaccinale et le certificat de vaccination n’est pas obligatoire pour les visiteurs ; aucun masque FFp2 n’est mis à disposition.

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    19/01/2022
    / TG Verona / Telenuovo

Nombre de faits violents recensés entre détenus

3 821

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  • Un détenu battu par son compagnon de cellule meurt à la prison de Naples après plusieurs jours d’hospitalisation.

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    12/01/2022
    / Antigone

Nombre de décès attribués à un suicide

53

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  • Trois suicides sont signalés depuis le début de l’année dans les prisons de Salerne, Vibo Valentia et Foggia. Un détenu se pend aux barreaux de sa cellule en mars à la prison de Sondrio. Il souffrait de toxicomanie et avait été placé à l’isolement selon la procédure réservée aux arrivants dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

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    12/01/2022
    / Antigone
  • Un détenu âgé de 29 ans se pend aux barreaux de sa cellule dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Il devait être libéré en 2023.

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    01/01/2022
    / Ansa It

Les établissements pénitentiaires
Une part importante de la population carcérale souffre de pathologies psychiques. L’ONG Antigone rapporte, en 2021, que 7 % des personnes détenues avaient un diagnostic psychiatrique grave et que 26 % avaient recours à des stabilisateurs d’humeur, des antipsychotiques ou des antidépresseurs.
De nombreux malades sont enfermés dans des cellules disciplinaires dépourvues de mobilier (celle liscie) ou dans des quartiers ordinaires.1
Vingt-cinq quartiers “ATSM” (articolazioni per la tutella della salute mentale) sont dédiés à la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiques sévères. Ces quartiers, situés au sein des établissements pénitentiaires, disposent d’équipes composées d’infirmiers et de travailleurs sociaux. Des diagnostics “d’infirmité psychique” peuvent y être réalisés pour détecter la présence de troubles mentaux chez une personne détenue. Peu de thérapies sont prévues, la médication est le traitement privilégié.
Les ATSM sont sous l’autorité du ministère de la Justice, tandis que le personnel médical dépend du ministère de la Santé. L’administration pénitentiaire est compétente pour décider du transfert d’un détenu en ATSM.
Les personnes détenues peuvent être placées à l’isolement continu ou à l’infirmerie en attente d’une place en ATSM. Ces mesures sont fréquemment utilisées.

Deux membres de l’association Antigone visitent, en 2021, la prison de Turin (Il Sestante). Ils déplorent des conditions de détention désastreuses dans le quartier psychiatrique et signalent une forte pénurie de psychiatres. Dix-sept personnes y étaient placées au moment de la visite. Ce quartier comprend 20 cellules qui sont étroites et sales. Le lit est fixé au sol avec peu voire pas de literie. Les détenus n’ont pas d’intimité pour prendre leur douche. Un détenu n’avait plus de lumière depuis plusieurs jours. Un autre n’a pas pu avoir accès à son avocat. Un jeune détenu ne devrait pas se retrouver dans cet établissement car il attend son transfert dans une résidence REMS.

Les établissements psychiatriques dédiés
Les personnes jugées irresponsables de leurs actes et dangereuses sont placées dans des “résidences pour l’exécution des mesures de sécurité” (residenze per l’esecuzione delle misure di sicurezza, REMS). Les REMS sont sous l’autorité des agences locales de santé, chapeautées par le ministère de la Santé.2 ll en existe 31 sur le territoire en 2020.3 Les personnes placées en REMS sont, au 31 janvier 2020, au nombre de 616.
Ces établissements sont créés après la suppression, progressive jusqu’en 2015, des hôpitaux psychiatriques judiciaires (ospedali psichiatrici giudiziari, OPG). Les autorités italiennes et les ONG s’inquièteraient, selon le CPT, de la hausse importante des comportements violents des personnes détenues. Les agressions des surveillants, les automutilations et les violences entre détenus sont fréquentes depuis la fermeture des OPG.4

Les hôpitaux psychiatriques généraux
Les personnes détenues peuvent être transférées en urgence vers les départements de “médecine protégée” d’hôpitaux généraux, dédiés aux personnes détenues, ou vers “l’unité psychiatrique de diagnostic et de soins” (SPDC) de Turin.


  1. Antigone, Quinzième rapport sur les conditions de détention, 2019. (en italien) 

  2. Vincent Delbos et al., “Annexes– Évaluation de la première tranche des UHSA en vue de la mise en place d’une seconde tranche”, 2018, p. 117. 

  3. Garante nazionale dei diritti delle persone detenute o private della libertà personale (MNP), *Rapport au Parlement - Relazione al Parlamento, Sezione 2, 2020, p. 234. 

  4. Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT), Rapport au gouvernement italien relatif à la visite effectuée du 12 au 22 mars 2019, 2020, p. 11. (en anglais) 

  • Le maintien d’une personne souffrant de troubles psychiques en détention ordinaire malgré la décision de transfert dans une résidence pour l’exécution des mesures de sureté (REMS) constitue, d’après un arrêt de janvier 2022 de la Cour européenne des droits de l’Homme (Sy c. Italie), un traitement inhumain ou dégradant (article 3 de la Convention). Le transfert n’est pas exécuté faute de places en REMS. La santé psychique du prisonnier est considérée incompatible avec le régime de détention ordinaire.

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    24/02/2022
    / Antigone / CEDH

Les IPM proposent de nombreuses activités spécifiques, comme la médiation culturelle et religieuse, des ateliers d’arts plastiques, la menuiserie et différentes pratiques sportives. Cette offre est en général, plus importante que celle proposée à la population adulte.

  • Le rappeur Kento anime depuis plus de dix ans des ateliers d’écriture de rap et de poésie dans les établissements pour mineurs et les centres sociaux. Il est réalisateur de “Keep it trill”, une série sur les établissements pour mineurs italiens, filmée à l’intérieur de la prison de Casal del Marmo à Rome.

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    29/01/2022
    / Antigone

Des sanctions ou des mesures spécifiques sont destinées aux mineurs, comme la mise à l’épreuve ou la condamnation à une peine alternative exécutée au domicile ou dans un centre social (comunità).

  • Les 637 centres sociaux (comunità) jouent un rôle important dans le système de justice des mineurs. Ils accompagnent plus de 1 500 jeunes vers la réinsertion. Les mineurs et jeunes adultes faisant l’objet de procédures ou de sanctions judiciaires sont au nombre de 13 611.

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    11/02/2022
    / Antigone

Mineurs incarcérés

0,3 % (161)
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Ce nombre correspond aux jeunes âgés de 14 à 17 ans. Les jeunes adultes (18-24 ans), condamnés pour des faits commis avant leur majorité, sont séparés des autres détenus. Ils sont au nombre de 213. Les filles et jeunes femmes incarcérées sont au nombre de 25. Les mineurs et jeunes adultes étrangers sont au nombre de 166.

  • Les prisons comptent, au 15 janvier 2022, 316 mineurs et jeunes adultes (18-24 ans) dont 140 étrangers et huit filles. Ils étaient 375 au 15 janvier 2020. La moitié des personnes incarcérées dans un établissement pour mineurs (IPM) sont en détention provisoire. L’IPM de Turin en compte, avec 38 prisonniers mineurs, le plus grand nombre. L’IPM de Pontremoli, seul établissement réservé aux filles.

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    11/02/2022
    / Antigone

Les personnes désirant exercer un travail doivent s’inscrire sur une liste d’attente.

La grande majorité des emplois proposés le sont au service général : cuisines, distribution des repas, entretiens, maintenance ou blanchisserie.

Certains détenus sont affectés à des tâches de secrétariat ou de rédaction de documents pour d’autres détenus.

L’administration dispose parfois de ses propres ateliers de confection, d’uniformes ou de meubles par exemple.1


  1. ministère de la Justice, Lavoro dei detenuti, 2019. 

  • Des détenus produisent du vin sur l’île de Gorgone sous la direction de Lamberto Frescobaldi. Ils sont 90 à cohabiter avec 17 résidents et quelques surveillants sur l’île. Ils peuvent y travailler cinq ans en fin de peine. Ils apprennent la maçonnerie, la vinification et la viticulture. Les prisonniers affectés à la vinification reçoivent le salaire minimum.

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    01/03/2022
    / Decanter
  • Une trentaine de détenus de la prison de Bollate employés dans un centre d’appels risquent de perdre leur emploi. Les sociétés de télécommunications refusent le renouvellement de leur contrat. Ce projet débuté en 2007 relevait de la coopérative bee.4 Altre minds, considérée comme un modèle pour son objectif de réinsertion dans le monde professionnel et social.

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    26/01/2022
    / Ansa It
  • Environ 2 000 détenus travaillent dans un réseau de quarante coopératives de production de nourriture et d’accessoires de mode (bijoux faits main, produits artisanaux, vins locaux). La moitié d’entre eux environ travaille en semi-liberté à l’extérieur de la prison dans des exploitations agricoles, des caves ou des ateliers des communes voisines. Les détenus acquièrent de nouvelles compétences et reçoivent le même salaire qu’à l’extérieur de la prison. Les produits sont vendus dans un magasin spécialisé et sont estampillés “made in Carcere” (fabriqué en prison). Un vendeur explique : “Je veux toujours raconter aux clients l’histoire derrière les produits […] Le but est toujours de montrer qu’une autre vie est possible.” Un ancien détenu témoigne : “Pour moi, s’il n’y avait pas eu cette expérience, je ne pense pas que j’aurais évolué [après la prison]. Je travaille encore avec eux aujourd’hui “.

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    24/01/2022
    / Open Democracy free thinking for the world

Des espaces sont dédiés aux activités culturelles

oui

Les ateliers de théâtre, les ciné-débats, les ateliers de littérature et d’écriture, d’art, de journalisme et de musique sont les principales activités culturelles proposées aux personnes détenues.1 Le théâtre tient une place centrale parmi les activités socio-culturelles proposées. Antigone souligne l’intérêt de cette activité pour le travail de réinsertion des personnes détenues.2

  • L’Université de Palerme mène le projet Graffiti Art in Prison (GAP) dans les prisons d’Ucciardone et de Pagliarelli et dans l’établissement pour mineurs de Malaspina. L’objectif est de renforcer le rôle de l’art et de la culture dans la réinsertion. Le projet mobilise différents champs disciplinaires tels que la photographie et la vidéo. Une exposition est prévue pour 2023 à l’Université de Palerme.

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    24/02/2022
    / Ansa It

Les mouvements collectifs sont recensés

oui

L’administration pénitentiaire comptabilise, en 2018, 1 082 actes collectifs de protestation.

  • Une révolte éclate, le 14 février, à la prison de Brescia. Des détenus mettent le feu à des matelas. Cet établissement est surpeuplé de longue date.

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    14/02/2022
    / Ansa It
  • Des émeutes éclatent le 22 janvier 2022 à la prison San Pietro à Reggio de Calabre. Elles sont réprimées par les agents pénitentiaires. Les émeutes auraient été déclenchées par un détenu lié au crime organisé. Les autorités dénoncent un abandon du gouvernement concernant les conditions de travail des agents pénitentiaires.

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    03/01/2022
    / Ansa It
  • Une cinquantaine de détenues de la prison de Santa Maria Capua Vetere (province de Caserta) se mutinent. Elles tapent des casseroles et des poêles contre les barreaux et les rambardes en guise de protestation. Elles mettent le feu à des serviettes. Des agents sont intoxiqués. Le mouvement aurait été déclenché à la suite d’une discussion entre une détenue et un médecin. Ni le sujet de cet échange ni les motifs de la contestation ne sont connus. Les syndicats pénitentiaires évoquent un fort climat de tension exacerbé par la pandémie de Covid-19.

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    02/01/2022
    / Ansa It

Les actes individuels de protestation sont recensés

oui

L’administration pénitentiaire comptabilise, en 2018, 11 178 actes individuels de protestation.

  • Un détenu de la prison de Pontedecimo à Gênes met, le 28 janvier, le feu à sa cellule. Deux surveillants intoxiqués sont transférés à l’hôpital. Cet incident survient dans un contexte de surpopulation carcérale et d’isolement dû aux mesures contre l’épidémie de la Covid-19.

    Un détenu de la prison d’Uta à Cagliari met également le feu à sa cellule le 16 février. Les syndicats de personnels pénitentiaires signalent de nombreuses agressions, cas d’automutilation et tentatives de suicide. Le personnel se plaint d’un manque de surveillants.

    Un détenu met le feu à sa cellule, le 18 février, dans le quartier d’isolement de la prison de Valle Armea à Sanremo.

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    18/02/2022
    / Ansa It

Nombre d’évasions

505

Un organe de contrôle s’est prononcé sur la surpopulation carcérale

oui

Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) visite, en 2019, les établissements pénitentiaires italiens. Il souligne la surpopulation de la plupart d’entre eux.1


  1. Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, Rapport au gouvernement italien sur la visite du 12 au 22 mars 2019, p. 8 (en anglais). 

  • Le Garant national des droits des personnes détenues ou privées de liberté effectue une visite régionale en Lombardie. Il inspecte huit établissements pénitentiaires, dont celui pour mineurs de Milan. Il constate que ces établissements sont surpeuplés, manquent de ressources à différents niveaux (gestion, dotation en personnel des différentes fonctions) et n’échangent pas suffisamment avec les structures sanitaires locales. L’établissement pour mineurs attend toujours des travaux de rénovation.

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    22/12/2021
    / Garant national des droits des personnes détenues ou privées de liberté

Les personnes condamnées à perpétuité sont éligibles à une libération conditionnelle, dès lors qu’elles ont passé plus de 26 ans en détention et que leur comportement est jugé correct (article 176 du code pénal).

Les personnes jugées dangereuses et les membres des mafias qui refusent de collaborer avec la justice, classés 41-bis, ne peuvent pas prétendre à un aménagement de peine. C’est l’ergastolo ostativo. L’association Antigone déplore, en octobre 2021, que plus de 70 % des condamnés à perpétuité (soit plus de 1 250 détenus) n’aient aucune possibilité de demander un aménagement de peine, à moins de collaborer avec la justice.
La Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays estime que l’ergastolo ostativo est inconstitutionnel. Cette disposition contrevient à l’article 27 de la Constitution italienne qui prévoit que “les peines ne peuvent consister en des traitements contraires aux sentiments d’humanité et elles doivent avoir pour but la rééducation du condamné”. La Cour considère que cette disposition place les détenus face à “un choix tragique” : le maintien en détention ou la possibilité d’une libération au prix d’éventuelles représailles et donc de la mise en danger de leur famille. La Cour donne un an au Parlement pour modifier la loi.

  • Marcello dell’Anna a passé la plus grande partie de sa vie en prison. Il a été condamné à la peine de l’ergastolo ostativo (prison à perpétuité sans possibilité d’aménagement de peine) à l’âge de 23 ans, lorsqu’il était un des chefs de la Sacra Corona Unita (mafia italienne basée dans la région des Pouilles).
    Lire son échange épistolaire avec la journaliste suisse Laurence Bolomey.