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Entrez dans l’information par l’image en partageant le regard singulier de photographes sur l’enfermement. Ces photographes témoignent de leur engagement en nous offrant leur portfolio.

Du cinéma dans les prisons

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Vue de hauteur du site de la prison de Borj Erroumi au dessus de la ville de BIzerte dans le nord de la Tunisie. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Un surveillant de prison à l'entrée avant la Projection du film egyptien Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Un surveillant de prison dans la salle transformée en salle de projection du film egyptien Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Un surveillant de prison dans la salle transformée en salle de projection du film Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Un surveillant de prison dans la salle transformée en salle de projection du film égyptien Out of the ordinary du réalisateur Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Projection du film Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Projection du film egyptien Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Projection du film Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Interview de l'acteur principal Khaled Abol Naga, avant la projection du film Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed. Khaled Abol Naga présente le film devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Ali Mrabet, un des organisateurs est interviewé par des journalistes avant la projection du film Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed. L’acteur principal Khaled Abol Naga, est présent pour présenter le film devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Après la projection du film égyptien Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, l’acteur principal Khaled Abol Naga présente le film devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Des prisonniers regardent la projection du film ‘Out of the ordinary’ du réalisateur égyptien, Daoud Abdel Sayed, projeté dans la prison de Borj Erroumi en présence de l'acteur principal Khaled Abol Nada dans le cadre du Festival des Journées Cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Des prisonniers regardent la projection du film ‘Out of the ordinary’ du réalisateur égyptien, Daoud Abdel Sayed, projeté dans la prison de Mahdia en présence de l'acteur principal Khaled Abol Nada dans le cadre du Festival des Journées Cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Des prisonniers regardent la projection du film ‘Out of the ordinary’ du réalisateur égyptien, Daoud Abdel Sayed, projeté dans la prison de Mahdia en présence de l'acteur principal Khaled Abol Nada dans le cadre du Festival des Journées Cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Des prisonniers regardent la projection du film ‘Out of the ordinary’ du réalisateur égyptien, Daoud Abdel Sayed, projeté dans la prison de Mahdia en présence de l'acteur principal Khaled Abol Nada dans le cadre du Festival des Journées Cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Un des prisonniers peint le portrait de l'acteur principal, présent pendant la projection du film "Out of the ordinary" du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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L'acteur Khaled Abol Naga soulève son portrait peint par un des prisonniers après la projection du film "Out of the ordinary" du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Interview de Mahdi (prénom modifié) qui a peint le portrait de l'acteur Khaled Abol Naga, présent pendant la projection du film Out of the ordinary du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, devant 200 prisonniers de la prison de Borj Erroumi, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Vue depuis l'intérieur de la prison de Borj Erroumi après la projection du film "Out of the ordinary" du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Emtyez Belali de l'Organisation Mondiale contre la torture, partenaire de cette action, est interviewée par des journalistes après la projection du film égyptien "Out of the ordinary" à Borj Erroui. Pour Emtyez, "cette initiative vise à ouvrir un débat et à exprimer le fait que, même si ils sont privés de liberté, les prisonniers sont aussi des citoyens tunisiens. Et en tant que tels, le festival leur fait vivre l'expérience du cinéma, comme les citoyens qui sont à l'extérieur." — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Vue depuis l'intérieur de la prison de Borj Erroumi après la projection du film "Out of the ordinary" du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Vue extérieure de l'entrée de la prison de Borj Erroumi après la projection du film égyptien "Out of the ordinary" du réalisateur égyptien Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Vue extérieure de la prison de Borj Erroumi après la projection du film égyptien "Out of the ordinary" du réalisateur Daoued Abdel Sayed, en présence de l’acteur principal Khaled Abol Naga, devant 200 prisonniers, dans le cadre du festival les Journées cinématographiques de Carthage 2015. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Cour intérieure de la prison de Mahdia après la projection du film ‘Out of the ordinary’ du réalisateur égyptien, Daoud Abdel Sayed, projeté dans la prison en présence de l'acteur principal Khaled Abol Nada. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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Dortoir dans la prison de Madhia lors de la projection du film ‘Out of the ordinary’ du réalisateur égyptien, Daoud Abdel Sayed, projeté dans la prison de Mahdia en présence de l'acteur principal Khaled Abol Nada. — Augustin Le Gall / Haytham pictures
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"Même si ils sont privés de liberté, ils ne sont pas privés de leurs droits. C'est aussi le moyen de leur montrer qu'ils ne sont pas isolés."

C'est une première en Tunisie.
Une centaine de détenus de la prison de Mahdia ont été les spectateurs du film égyptien "Out of the ordinary", réalisé par Daoued Abdel Sayed. Dans cette nouvelle annexe de la prison, prochainement dédiée aux activités de réhabilitation, l'excitation est palpable.
Pendant les Journées cinématographiques de Carthage 2015, quatre prisons tunisiennes, dont celles de Mahdia et Borj Erroumi (Bizerte), ont été sélectionnées pour accueillir des projections de films pendant la semaine du festival du 21 au 28 novembre 2015.

À la fin de la projection à Borj Erroumi, les questions et interpellations fusent parmi les 200 détenus. Pour l'acteur égyptien Khaled Abol Naga, c'est l'occasion de parler des valeurs que défendent son film, comme le vivre-ensemble et le respect mutuel de chacun, malgré les différences.

Cette initiative, portée par les JCC et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a permis à plus de 500 détenu-e-s de sortir du quotidien de la prison. Mais plus qu'une évasion ponctuelle, cette action veut aussi ouvrir un débat sur l'incarcération en Tunisie. En effet, pour Emtyez Bellali, chargée du programme de sensibilisation à l'Organisation mondiale contre la torture, "les prisonniers sont aussi des citoyens tunisiens et, à ce titre, ils ont aussi le droit de se sentir comme tel. Même si ils sont privés de liberté, ils ne sont pas privés de leurs droits. C'est aussi le moyen de leur montrer qu'ils ne sont pas isolés."

Caché à l'arrière de la salle de projection, Mahdi (prénom modifié) peaufine les derniers détails du portrait de l'acteur Khaled Abol Naga, qu'il a peint pour l'occasion. Cela fait quatre ans, qu'il est là. Il lui reste encore trois années avant de sortir. "Aujourd'hui, j'ai tout le temps pour peindre en prison, explique Mahdi. Même si je sais que cela sera difficile de trouver un travail après la prison, je rêve de pouvoir ouvrir mon atelier de peinture quand je sortirai."

Après avoir offert en main propre son tableau à l'acteur, les caméras se précipitent sur lui pour l'interviewer. C'est l'occasion de valoriser son travail. Cette minute sous les projecteurs sonne comme un avant goût de liberté face à l'enfermement du quotidien.

— Augustin Le Gall

Les défis sont énormes. Il existe néanmoins une volonté de changer la situation tant au sein du gouvernement que de la société civile.

Le contexte tunisien

La répression, les arrestations arbitraires, la torture, les mauvais traitements et le harcèlement sont fréquents et réguliers, entre 1987 et 2011, lorsque Zine el-bidine Ben Ali est au pouvoir en Tunisie. Le régime gouverne par la terreur, malgré la bonne image que tient alors à garder le pays à l’extérieur. Aucune organisation de la société civile n’a, durant cette période, accès aux lieux d’emprisonnement.

La chute du régime autoritaire et la mise en place d’une assemblée nationale constituante fait évoluer, en 2011, cette situation. La société civile tunisienne entre en partie dans ces lieux, et conduit à une prise de conscience sur les conditions de détention alarmantes des prisons et autres lieux de détention.

Un rapport du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme 1 permet d’apporter une photographie de la situation réelle des prisons tunisiennes : la surpopulation peut atteindre 150% de la capacité d’accueil des établissements. Ceux-ci, vétustes, datent principalement des années 50.
L’espace disponible dans les prisons n’a cessé de baisser ces dernières années, selon l'organisation Avocats sans frontières 2, pour passer de 2m² par prisonnier en 2012, à 1.41 m² en 2014. Cet espace atteint 2.1m² 3 en 2016, bien loin des normes internationales en préconisant 4.

"Cette surpopulation et des infrastructures en mauvaises état sont souvent la cause de la détérioration de l’état de santé de prisonniers", explique Mazen Chaquoura, du bureau de Tunis du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

Les prisonniers subissent les conséquences sociales et psychologiques de cette situation lors de leur sortie. Peu d’actions permettent aux anciens détenus de se réinsérer dans la société. Le fait d'avoir été emprisonné a une mauvaise image auprès de la société et parfois même au sein de l'entourage proche. Les prisonniers trouvent finalement une solidarité auprès d’ancien co-détenus ou dans des réseaux criminels ou extrémistes.

Les défis sont énormes. Il existe néanmoins une volonté de changer la situation tant au sein du gouvernement que de la société civile. Le ministre de la Justice, Ghazi Jeribi, tire en janvier 2017 la sonnette d’alarme sur ces conditions d’emprisonnement "catastrophiques". Il affirme vouloir réhabiliter des prisons vétustes et accroître la capacité d’accueil de certaines autres.

Des initiatives singulières voient aussi le jour. Ce reportage présente une initiative, s’inscrivant au coeur d’un évènement culturel majeur en Tunisie, qui, avec le soutien et l’appui de la société civile, permet de donner un espoir. Celui d'apporter un souffle "d’évasion" aux détenus. Et peut être, tout aussi important, le sentiment de ne pas être oublié.


  1. Haut-commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme, Bureau de Tunis. La situation des prisons en Tunisie entre les standards internationaux et la réalité, mars 2014. 

  2. Avocats sans frontières, rapport Détention en Tunisie : des sanctions au-delà de la privation de liberté, mars 2015.  

  3. Information issue du rapport Country Reports on Human Rights Practices, produit par le Bureau of Democracy, Human Rights and Labor (United States Department of State), 2016.  


Augustin Le Gall

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Augustin Le Gall

Photojournaliste

Augustin Le Gall, photojournaliste, vit et travaille entre la France et la Tunisie.
Son travail s’oriente vers une photographie documentaire et narrative, où le portrait-reportage occupe une place centrale. Il collabore principalement avec la presse internationale, des organisations non gouvernementales et des institutions internationales. Il est membre de l’agence Haytham Pictures (France) depuis 2013.

Portant un vif intérêt pour l’aire méditerranéenne, l’Homme et ses pratiques sont au coeur de son travail. Il revendique une photographie sur le long terme autour de la mémoire collective et des constructions identitaires, notamment dans des contextes traumatiques.
Son travail est régulièrement exposé notamment au Mucem (Marseille), Institut des cultures d'Islam (Paris), au siège de Amnesty International Londres, à Montréal avec Amnesty International Canada, au festival du film et Forum international des droits humains de Genève (2015) et de Paris (2016), à la bibliothèque nationale de Tunis, et à l'Institut français de Tunisie.

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