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Belgique : "derrière nos actes", la prison de Lantin expose ses détenus

Pendant neuf mois, une équipe de l’association La Halte a voulu regarder en face le système carcéral. Questionner la réalité des détenus, des gardiens, des victimes, des familles, des magistrat, des avocats. Il en résulte un recueil d’une septantaine de pages de témoignages, et une exposition de photographies, dont le vernissage, derrière les barreaux, à Lantin, s’est déroulé ce mardi. Une exposition qui, prochainement, devrait voyager de prison en prison.

L’impression qui prévaut, parmi les participants à ce projet, c’est que des espoirs et des ambitions persistent, malgré les difficultés du quotidien. Comme l’explique Rudi Martin, incarcéré depuis plus de onze ans, l’intérêt de la démarche, “c’est de faire comprendre à l’extérieur ce qui se vit à l’intérieur. Je n’ai pas le sentiment de payer ma dette à la société; payer ma dette à la justice, oui, mais à la société, je n’apporte rien, je ne sers à rien, je n’apporte rien. La société ne profite pas de ma punition…”

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L’un des problèmes, c’est que les perspectives de réinsertion sont réduites à pas grand chose. Derrière les barreaux, c’est très compliqué de se préparer à une sortie, dont même le délai reste une simple hypothèse. Pour Ali Balassami, “il n’y a pas de formation, il n’y a rien du tout, on est ici, on est enfermé, et on attend notre chance pour sortir, le moment venu: je suis là depuis bientôt trois ans, et depuis vingt-quatre mois, je suis admissible à des permissions, mais ça bloque, toujours à cause des risques de récidive; il y a des possibilités de libération conditionnelle, à un tiers de peine, mais il n’y a personne qui sort à un tiers…”

Et pour ne rien arranger, la prison de Lantin connaît des problèmes d’hygiène et de drogue. Les maladies à cause de l’humidité, de la crasse. Et les médicaments, qui remplacent les stupéfiants….

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