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Pologne : 3 ans de prison pour quiconque pointerait la responsabilité de l’État dans les crimes nazis

L’État polonais veut condamner à 3 ans de prison toute personne qui exprime l’idée que l’État polonais a sa part de responsabilité dans la Shoah. Un révisionnisme pour ressouder les Polonais autour de la “nation”, et du parti au pouvoir.

Les députés et sénateurs polonais ont voté une loi qui prévoit de condamner jusqu’à 3 ans de prison toute personne qui insinuerait que l’État polonais a sa part de responsabilité dans les crimes perpétrés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour être définitivement validée, elle doit être ratifiée par le président Andrzej Duda.

L’une des justifications pour voter une telle loi révisionniste est d’en finir avec l’expression “camp de la mort polonais” d’après les membres du PiS (Parti droit et justice), le parti au pouvoir. Une phrase lâchée par Barack Obama lors d’un hommage et qui est une contre-vérité historique. Les camps de la mort sont nazis et certains étaient implantés en Pologne. Cette volonté d’en finir avec cet amalgame peut se justifier mais derrière cette loi, il y a une volonté du pouvoir réactionnaire polonais de vouloir faire l’unité de la nation polonaise autour d’une version faussée de l’histoire pour la rendre plus pure et ainsi, asseoir son idéologie nationaliste.

Le Parti de la droite populiste nationaliste des frères Kaczyński ne fait que renforcer sa politique réactionnaire. Le débat qui anime la société polonaise autour de la Seconde Guerre mondiale en est l’un des symptômes.

Le responsable de la chaîne publique TV2, contrôlée par le parti au pouvoir qui a muselé les médias, a expliqué que l’on ne devait plus parler de camps d’extermination nazi, mais de camps d’extermination juif. Le journal de gauche israélien Haaretz, rapporte ses propos où il se demande “Qui s’y occupait des fours crématoires ?”. Il fait référence aux Sonderkommandos, des déportés chargés d’emmener les autres dans les chambres à gaz puis au four crématoire. Le journal israélien rapporte également les propos de Piotr Nisztor, journaliste à la radio publique polonaise, qui a fustigé les Polonais qui défendaient les positions de l’État israélien en réclamant qu’ils renoncent à leur nationalité polonaise.

Ces positions sont notamment celles de l’ancienne ministre des affaires étrangères Tzipi Livni, relayées dans Haaretz, qui affirmait qu’ “Israël doit répondre fermement et présenter les documents prouvant les crimes des Polonais” ou bien celles de Yaïr Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid, sur tweeter, : “Je condamne fermement cette nouvelle loi, qui tente de nier la complicité polonaise dans l’Holocauste. Celui-ci a été conçu en Allemagne, mais des centaines de milliers de juifs ont été tués sans avoir jamais rencontré un soldat allemand. Il y a eu des camps de la mort polonais et aucune loi ne peut rien y changer”, propos retranscrits par le Jerusalem Post et traduits par Le Monde.

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