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Luxembourg : vers l'élimination des drogues en prison

Le ministère de la Justice entend lutter contre la présence, le trafic et l'abus de stupéfiants en milieu carcéral. Bien que cet objectif apparaisse plutôt irréaliste, une série de recommandations en ce sens a été présentée par l'Ombudsman aux députés.

Eliminer la drogue en prison. Tel est l’objectif de la ministre de la Justice Sam Tanson (Déi Gréng), à suite de la publication d’un rapport sur le sujet en décembre 2020. Mais si le projet semble ambitieux, pour l’Ombudsman et auteur du document Claudia Monti, il est surtout utopique.

“Une prison 100% clean est irréaliste !”, a-t-elle d’emblée affirmé ce mercredi face aux députés. Mais si les “dysfonctionnements graves sont rares”, pas question pour autant de rester les bras croisés. Des mesures sont ainsi déjà en place.

A titre d’exemple, le Centre pénitentiaire de Schrassig se dotera ainsi dès 2022 de ses propres chiens renifleurs, “capables de détecter plus d’une vingtaine de substances illicites”, précise le site de la Chambre. Et ce, dans le but de “rendre les contrôles plus efficaces”.

En plus de ces “approches novatrices” déjà mises en place, la médiatrice a formulé 51 recommandations. Parmi les différents points évoqués, l’un d’eux aurait particulièrement “attiré l’attention” des députés.

Selon les experts, endiguer la présence de drogues en prison passerait ainsi par un “équilibre difficile” entre une politique d’éradication des stupéfiants et la possibilité, pour les détenus de recevoir des visites, de participer à des formations ou encore des activités sportives “importantes pour permettre une réinsertion” une fois leur liberté retrouvée.

Selon l’Ombudsman, les modalités de contrôle des visiteurs doivent également être précisées. L’objectif étant d’éviter que ces derniers puissent rapporter, d’une manière ou d’une autre, des stupéfiants au sein de la prison. Un règlement grand-ducal en ce sens se trouve en cours de finalisation, précise le site de la Chambre.

Parmi les autres points abordés, les plus importants concernent l’application de peines alternatives ou un recours privilégié à des travaux d’intérêt collectif et un encadrement efficace après la sortie de prison qui éviterait qu’un toxicomane sevré retrouve ses mauvaises habitudes. La recommandation de l’Ombudsman visant à la création d’un tribunal spécialisé dans le domaine des stupéfiants n’a en revanche trouvé ni l’appui de la ministre ni de la majorité des députés.

Actuellement, quelque 200 détenus à Schrassig seraient toxicomanes sur une capacité totale de 597 lits. A en croire les responsables, les stupéfiants les plus détectés et utilisés en prison sont des cannabinoïdes. Autrement dit, des produits contenant du THC, de la CBD ou encore du THCV.

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