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Italie : en prison avec des djihadistes, Cesare Battisti démarre une grève de la faim

Dans un texte dicté à sa fille, l’écrivain et ex-militant révolutionnaire italien dénonce ses conditions de détention "insoutenables" et se dit à bout de forces physiques et psychiques.

Depuis la prison pour jihadistes de Rossano (Calabre) où il a été transféré en septembre, Cesare Battisti lance un “appel à la justice”, comme il vient de le faire savoir à ses filles. L’écrivain italien s’appuie sur l’ordonnance 40 de la cour d’appel de Milan du 17 mai 2019 qui établit les conditions de sa peine de prison à perpétuité mais sans aucune des mesures d’encadrement féroces en cours depuis son arrestation sur un tarmac de Bolivie.

L’ancien membre du groupuscule italien Prolétaires armés pour le Communisme (PAC) se trouve en effet depuis deux ans en isolement ininterrompu. L’ordinateur qui lui avait été promis pour qu’il puisse sortir d’un désoeuvrement qui confine, selon son entourage, à une véritable torture morale, a finalement été refusé par la prison. Dans un court texte d’interpellation publique dicté à l’une de ses filles à l’occasion de ses dix minutes de parloir téléphonique hebdomadaires, il écrit :

“Je suis l’unique prisonnier sans rapport aucun avec le djihadisme qui se retrouve dans un pavillon de haute sécurité réservé aux accusés de “terrorisme islamique”, situation insoutenable qui me prive de toute activité, y compris de l’heure de promenade, en dehors de la cellule - si l’on peut appeler ainsi une cage minuscule où ne rentre jamais un rayon de soleil (…) Le pavillon isis-as2 est une flagrante violation aux normes nationales et européennes qui veillent à la dignité de la personne recluse : ici n’existe aucune activité rééducative ou d’insertion sociale ; la structure même est conçue dans le seul but punitif, véritable tombeau où même un prêtre n’ose entrer. Désormais à bout de forces psychiques et physiques, avec des pathologies chroniques, il ne me reste plus qu’à déclarer la grève de la faim et de la thérapie afin que la décision de justice de la cour d’appel de Milan soit appliquée à cet exécutif et que je puisse rejoindre une prison pour entreprendre le légitime parcours de réinsertion sociale prévue par la loi, dans un ordinaire régime de communauté, comme cela devrait être le cas pour un condamné 40 ans après les faits et sans aucune activité antisociale, bien au contraire.”

Ceux qui ne l’ont pas lâché rappellent que même les prisonniers ont des droits et que Cesare Battisti, qui a depuis longtemps exposé publiquement les mirages de la lutte armée, et même quelques illusions perdues dans “le Cargo sentimental” (éd.Joëlle Losfeld), ne représente aucune menace à l’ordre public.

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