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France : "la densité carcérale est passée de 114% à 117%" en un an

«La densité carcérale est passée de 114% à 117%» en un an

Les rapports annuels se suivent et se ressemblent, avec la même déclinaison des maux endémiques de la prison, les mêmes constats d’immobilisme politique. En 2017, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté (prisonniers, gardés à vue, internés en hôpitaux psychiatriques) a visité 21 établissements pénitentiaires et en retient des «évolutions mitigées» notamment «des travaux qui améliorent l’hébergement à la marge sans pallier la vétusté structurelle».

Sans surprise, c’est la surpopulation carcérale que le CGLPL, a choisi de mettre en exergue dans son rapport annuel. Il faut dire qu’en l’espace d’un an, «la densité carcérale globale est passée de 114 à 117% et celle des maisons d’arrêt de 136 à 141%». Plus précisément, au 1er décembre dernier, 69 714 personnes étaient détenues pour 59 165 places opérationnelles, soit plus de 1 547 matelas au sol. Au-delà de l’indignité de laisser des détenus entassés à deux ou trois dans des cellules de 9 m2, cette situation a des conséquences sur toute une série de droits fondamentaux : l’accès aux soins, le maintien des liens familiaux lors des parloirs, le travail, l’éducation…

Le temps de l’action et de la volonté politique

Le CGLPL souligne clairement que commander des rapports, réunir des commissions et lancer des concertations «ne sert à rien» car «tout a été écrit sur la situation des prisons». Trève d’incantations, il demande que vienne enfin le temps de l’action et de la volonté politique «en cessant de croire que la construction de nouvelles places de prison constituera une réponse satisfaisante ; en ayant le courage d’instaurer un système de régulation carcérale, en s’interrogeant enfin sur le sens des très courtes peines ; en développant vraiment les mesures alternatives à l’incarcération ; en dépénalisant ou déjudiciarisant certaines infractions, comme les délits routiers». Une façon de fustiger la politique des gouvernements successifs consistant à se lancer dans une frénésie immobilière de création de nouvelles places tout en évitant de se poser les questions importantes : quel est le sens de la peine ? Garantit-elle bien la protection de notre société et la réinsertion du condamné ?

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