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France : des "conditions indignes" au CHU de Saint-Étienne

Patients attachés, isolement abusif… Une visite des contrôleurs généraux des lieux de privation de liberté début janvier a révélé des pratiques “honteuses” qui se faisaient pourtant au grand jour. Des recommandations ont été transmises au ministère de la Santé.

C’est une visite qui aurait dû être anodine, comme les contrôleurs généraux des lieux de privation de liberté en font régulièrement. Ils arrivent sans prévenir. Et regardent. La scène se passe au CHU de Saint-Etienne, entre le 8 et le 15 janvier dernier, le but étant de se pencher sur les conditions d’hospitalisation en psychiatrie. D’abord ils se rendent aux services des urgences, puis dans les services de psychiatrie. Ce qu’ils voient ? Ils n’en reviennent pas. Des patients sont attachés sur des brancards pendant plusieurs jours. “Des conditions indignes”, voire honteuses. Dans les étages, en psychiatrie, les chambres d’isolement sont toujours remplies ; des patients sont maintenus en contention sans visite médicale et cela pendant des semaines - des pratiques d’isolement généralisées en contradiction absolue avec la réglementation.

Bref, les dysfonctionnements sont majeurs. Au point qu’aussitôt, la contrôleure générale, Adeline Hazan, adresse à la direction du CHU et à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, des recommandations avec des demandes précises, comme l’arrêt immédiat “de ces atteintes aux droits”. Alors que ces recommandations sont publiées au Journal officiel ce jeudi, la ministre n’avait toujours pas réagi mercredi soir.

C’est terrifiant, ce qui se passe. Le pire, c’est que certains s’y habituent”, s’indigne le Dr Hervé Bokobza, fondateur du Collectif des 39 qui s’est battu contre cette psychiatrie sans hospitalité. Ce que décrivent les contrôleurs est ahurissant, d’autant plus qu’il a fallu le passage de ces experts pour que des personnes réagissent alors que ces pratiques se font au grand jour.

L’Agence régionale de santé (ARS) comme la Haute Autorité de santé, qui a pourtant fait une visite dans l’établissement cet automne, sont passées à travers, n’ont rien vu. Au printemps, la direction du CHU se vantait même de sa situation.

Selon le rapport, “ce jour-là, les contrôleurs ont constaté la présence, aux urgences générales du CHU, de vingt patients relevant de la psychiatrie en attente de places. Treize de ces vingt patients attendaient, allongés sur des brancards dans les couloirs des urgences. Sept patients faisaient l’objet de contention au niveau des pieds et d’une ou des deux mains. Ces sept personnes se trouvaient aux urgences depuis des durées allant de quinze heures à sept jours, cinq étant présents depuis plus de trois jours. Ils n’avaient pu ni se laver, ni se changer, ni avoir accès à leur téléphone portable. Trois d’entre eux devaient user d’un urinal posé le long de leur jambe sur le brancard, au-dessus du drap”.

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