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Source — Le Parisien

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États-Unis : "esclavage", "zones de guerre"... Des détenus se mettent en grève

Les détenus de 17 Etats américains ont entamé mardi des grèves de la faim et des sit-in pacifiques dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie. “Ils comprennent qu’ils sont traités comme des animaux […] Les prisons américaines sont des zones de guerre […] C’est, pour certains d’entre nous, comme si nous étions déjà morts”, dénonce dans un communiqué le collectif de détenus Jailhouse Lawyers Speak, à l’origine du mouvement.

La surpopulation carcérale est à l’origine des mauvaises conditions de détention, explique au Parisien Clara Grisot, co-fondatrice de Prison Insider. Aux Etats-Unis, le taux d’incarcération est de 655 pour 100 000 habitants, un chiffre hallucinant quand on sait qu’en France il est de 100 pour 100 000 habitants.

Avec plus de 2 millions de détenus, les Etats-Unis détiennent le plus fort taux d’emprisonnement, ce qui entraîne parfois des débordements. En avril dernier, un établissement pénitentiaire de Caroline du Sud a été le théâtre d’une mutinerie : “Sept camarades ont perdu la vie durant une émeute insensée qui aurait pu être évitée si la prison n’avait pas été surpeuplée […] et si l’absence de respect de la vie humaine n’était pas imprégnée dans l’idéologie pénale de notre pays”, écrit Jailhouse Lawyers Speak.

“Surutilisation de l’isolement”

Une négation de la dignité humaine qui se traduit également par la “surutilisation de l’isolement”, souligne Geneviève Garrigos, présidente de l’antenne française d’Amnesty International. Elle dénonce un système carcéral strictement punitif, qui ne cherche pas à aider les détenus à se réinsérer dans la société. “Certains prisonniers passent 20 à 30 ans à l’isolement, dans des cellules sans fenêtre, avec un droit de promenade limité à deux heures par semaine. On fait tout pour les mater, ils sont cassés psychologiquement”, tance-t-elle, jugeant cette pratique, “utilisée à la moindre occasion”, inhumaine et dégradante.

Et d’ajouter : “Les femmes aussi sont mises à rude épreuve. Certaines détenues accouchent menottées à leur lit”, regrette la présidente d’Amnesty International France.

Esclavage moderne

Soutenu par plusieurs associations de défense des droits civiques, le collectif Jailhouse Lawyers Speak a établi une liste de requêtes participant à l’amélioration de leurs conditions de vie. Ils réclament notamment “la fin de l’esclavage en prison”.
Aux États-Unis, le treizième amendement qui a permis d’abolir l’esclavage comporte une exception : “la servitude involontaire comme punition d’un crime”. “De nombreux détenus américains sont contraints de travailler durant leur détention : à la cuisine, à l’entretien des bâtiments… Pour des salaires dérisoires, en moyenne 20 centimes par heure”, précise Clara Grisot de Prison Insider. Et d’ajouter, cinglante : “En Alaska ou en Géorgie, ils ne sont même pas rémunérés.

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