Analyse Tribunes

Australie : vieillir en prison, l’urgence de l’alternative

Les prisonniers âgés sont de plus en plus nombreux en prison. L’environnement carcéral n’est pas adapté à leurs besoins. Comment faire ?

Natasha Ginnivan examine la façon dont les systèmes de soin dédiés aux personnes âgées détenues pourraient bénéficier d’un meilleur emploi des infrastructures de santé et de technologie à l’extérieur.

Dans le cadre du projet “Comprendre et réduire le recours à l’incarcération” mené dans dix pays, ICPR et Prison Insider mobilisent différentes personnes à l’expertise avérée. Celles-ci font part de leur point de vue. Découvrez-les.

Le vieillissement de la population carcérale (...) contraignait souvent les surveillants à assumer, en sus de leurs tâches habituelles, l'assistance aux personnes âgées.

L'accès aux soins dentaires se fait au petit bonheur la chance et que les visites du dentiste sont rares et espacées.

À cela s’ajoute le vieillissement accéléré : en prison, on est vieux dès 50 ans, voire 45 pour les populations autochtones.

Les objectifs de la punition sont-ils remplis avec humanité?

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Natasha Ginnivan

Chercheuse, Nouvelle-Galles du Sud.

Natasha Ginnivan est chargée de recherche à l’institut de psychologie de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) et chercheuse associée à l’Ageing Futures Institute de l’UNSW et au UNSW Australian Human Rights Institute. Ses travaux se concentrent sur les attitudes à l’égard du vieillissement, sur les stéréotypes liés à l’âge et sur la perception que chacun a de son propre vieillissement. Elle travaille sur le vécu lié au vieillissement et à la démence et au vieillissement au sein de populations marginalisées, dont les personnes détenues. Ici, Natasha Ginnivan examine la façon dont les systèmes de soin dédiés aux personnes âgées détenues pourraient bénéficier d’un meilleur emploi des infrastructures de santé et de technologie à l’extérieur. Pour elle, des protocoles alternatifs de ‘justice-sécurité-soin’ permettraient aux États de se tenir à leur devoir de garantir aux personnes âgées détenues une “équivalence de soins” sans remettre en cause la finalité des condamnations. Ses recherches sur les personnes âgées détenues sont en partie soutenues par le Centre de recherche de haut niveau sur le vieillissement de la population du Conseil australien de la recherche (ARC Centre of Excellence in Population Ageing Research).

Le projet

Comprendre et réduire le recours à l'incarcération

Cette recherche comparée et projet d’orientation politique a été mené par l’Institute for Crime & Justice Policy Research (ICPR), basé à Birbeck (université de Londres). Ce travail a conduit ICPR à mobiliser de nombreuses organisations, personnes issues du milieu universitaire et intervenant en détention dans différents pays. Le croisement de ces regards permet d’entrevoir les causes et conséquences d’un recours excessif à l’incarcération. Au cours des dernières étapes de sa recherche, ICPR a collaboré avec Prison Insider pour rendre compte du quotidien des personnes détenues avant et durant l’épidémie de Covid-19. Des personnes à l’expertise avérée ont été ensuite sollicitées pour donner vie et matière aux principaux points soulevés par la recherche.
Ses résultats embrassent cinq grand thèmes, accessibles depuis le menu déroulant.
Toutes les informations ici publiées sont de la seule responsabilité d’ICPR.

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